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title: Préambule
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En Janvier 2017, [Bachir Soussi-Chiadmi](http://bachirsoussichiadmi.net/?target=_blank) m’invitait à le rejoindre sur une période de la [résidence](http://www.synesthesie.com/residences/bachir_soussi_chiadmi/convivialite.html?target=_blank) qu’il menait à [Synesthésie](mp_syn#), centre de recherche et de création artistique alors basé [place du Caquet](#mp_syn) à Saint-Denis.
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Depuis quelques années, Bachir travaille autour de l’alternative que sont les outils libres et open-sources dans le champ de la création. Avec Synesthésie, il a conduit une recherche qui questionne la convivialité des outils numériques que nous utilisons quotidiennement et la manière dont nous habitons les espaces de vie qu’ils composent.
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Pour ce projet, " Réseau de convivialité", il s’agissait de penser une approche qui permettrait de répertorier les activités « invisbles ou informelles » - les espaces discrets de convivialité - des habitants du quartier centre de Saint Denis, autour de Synesthésie. L’un des enjeux de cette enquête était de questionner l’outil numérique comme vecteur de convivialité. C’est à partir de ces premières pistes que le projet a pu évoluer par la suite.
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Cette interface est la restitution de cette expérience :
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On y trouve, sous forme de journal de bord, le récit restituant les étapes du projets, de rencontres en rencontres, ainsi que des éléments visuels, des interviews et des cartographies. Les modules proposés par l’interface permettent de croiser ces différents éléments pour une lecture globale de l’expérience.
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title: '11 avril 2017'
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Je me rends pour la première fois dans la ville de Saint Denis.
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J’y découvre d’abord, en sortant de la [station de métro](#mp_metrobasilique), le quartier de la Basilique où j’apprécie la place avec tous ses cafés. Le contraste entre l'architecture de la [Basilique](#mp_basilique) et celle de [Gailhoustet](#img_ilot8) sur la [place du Caquet](#mp_caquet) est frappant.
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En amont de cette visite, j’ai cherché à avoir un premier apperçu de Saint-Denis via quelques [recherches]() sur internet. J’ai noté des noms d’associations et de rues que j’essaye de repérer aujourd’hui pendant ma ballade. Je commence par la [rue du Corbillon](#mp_copbillon), dont j’ai compris via Facebook qu’un groupe d’habitants porte l’association [Bonjour voisins Cop’Billon](#img_copbi), pour une revalorisation de la rue. Cette dernière accueille deux écoles mais est deserte lorsque je la traverse. Seules les bannières au bout de la rue, rappelant les évenements de novembre 2015, flottent au vent.
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Je continue vers la rue de la Boulangerie, dans laquelle j’ai repéré l’existence de la [Maison de la vie associative](#mp_mva). Le lieu fait état d’une grande diversité d’information et de propositions: clubs de sports, cours d’alphabétisation, rencontres de tricot, cours de théâtre, projets artistiques, informations de rénovation d’habitat.. l’impression que j’avais eu sur le [site de la ville](http://ville-saint-denis.fr/annuaire/2?target=_blank) en parcourant la liste des centaines d’associations dyonisienne se confirme ici : Celle de l’existence d’un grand réseau, couvrant un large panel d’activités et de services.
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Dans cette même rue, je reconnaît la façade de la boutique [Franciade,](#img_fr#mp_franciade) également repérée sur internet. J’y rencontre [Andréea](#img_andreea#int_andreea) avec qui je discute rapidement et qui m’explique le projet de l’association, visant à valoriser le patrimoine Dyonnisien. La présence de quelques clients me pousse à la laisser libre mais j’achète au passage un petit Tote bag [La vie Dyonisienne ](#img_tb)sur lequel sont illustrés des lieux significatifs de la ville. Il me suivra tout au long de cette expérience.
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Le lendemain matin, j’ai rendez-vous avec Bachir dans les locaux de [Synesthésie](#mp_syn), où je fait la connaissance de Line, coordinatrice des projets de l’association.
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En énonçant les envies de chacun, les possibilités qu'offre le contexte de résidence et la connaissance du territoire de Line, nous commençons à construire le projet petit à petit.
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Par un bref état des lieux du quartier, on évoque notamment[ La maison jaune](#mp_maisonjaune#img_mj1), association d’habitants présente sur [la dalle](#mp_dalle) au dessus de la [Place du Caquet,](#img_placecaquet) avec qui Synesthésie entretien des liens.
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Je décide de m'y rendre prochainement.
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id: rct_030517
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En cette première semaine de mai, je réfléchi à la construction concrête du projet.
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Après un premier – et rapide- tour d'horizon de Saint-Denis, il m'apparait assez clairement que la ville possède un tissu associatif énorme, très diversifié et étendu. On peut sans doute en déduire une attitude plutot collective des riverains et l’existence d’un grand nombre d'activités et de liens - discrets ou non - entre les habitants de Saint-Denis.
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Considérant le territoire sous cet angle, je comprend l'aspect monumental de tenter de cartographier ces actions discrètes, ce réseau de convivialité. Comment s’immiscer assez profondément dans la vie dyonisienne pour en ressortir ses anecdotes, ses "activités informelles" entre voisins, ses discussions de cafés.. sans même y habiter ?
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Après un premier – et rapide- tour d'horizon de Saint-Denis, il m'apparait assez clairement que la ville possède un [tissu associatif ](http://ville-saint-denis.fr/annuaire/2?target=_blank)énorme, très diversifié et étendu. On peut sans doute en déduire l'existence d’un grand nombre d'activités et de liens entre les habitants de Saint-Denis.
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Considérant le territoire sous cet angle, je comprend l'aspect monumental de tenter de cartographier ces actions discrètes, ce réseau de convivialité. Comment s’immiscer assez profondément dans la vie dyonisienne pour en ressortir ses anecdotes, ses_ "activités informelles"_ entre voisins, ses discussions de cafés.. sans même y habiter ?
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Il me semble par ailleurs tout à fait subjectif d'affirmer à un moment donné une cartographie de la vie d’un territoire, quel qu’il soit. Tout ce que j'aurais raté, tous ceux que je n'aurais pas croisé ne feraient pas partie de cette cartographie. Quel sens en tirer ?
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Je décide d’aborder le projet d'une autre manière. Non pas avec l'ambition de cartographier ou d’inventorier des liens ou des actions mais plutot avec l'envie de vivre une expérience au cœur de Saint-Denis. Celle-ci se construira au rythme de mes allées et venues. Je m'éloigne ainsi d'une intention de photographier un réseau à un moment précis, avec plutôt l’envie de me laisser porter par celui-ci. Ou plutôt par l’un d’entre eux. Par un réseau, celui dans lequel je cheminerai au fil du hasard, laissant l'intuition, le feeling des rencontres et le temps œuvrer.
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Par ma première entrée qu'est Synesthésie dans cet environnement de Saint-Denis, je rencontre d’ors et déjà quelques personnes, et je prends le parti de discuter avec celles-ci et de leur demander à chacune de me présenter quelqu’un d’autre,etc,etc. C'est dans ce réseau que je cheminerais, le découvrant au fur et à mesure.
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Maintenant, quel sera l'objet des rencontres ? Il m'importe de découvrir les habitants comme des acteurs de la vie de Saint-Denis en comprenant le rôle qu'ils y jouent, quel qu'il soit. Mais je les questionnerais aussi sur leur rapport au numérique, afin de tenter de cerner quel place a celui-ci dans leurs échanges au quotidien.
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Mon intuition est qu'il est aujourd'hui difficile de séparer un réseau dit "physique" d’un réseau " virtuel" ou "numérique" mais que ceux-ci s'imbriquent, s'hybrident, se complètent.
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Par ma première entrée qu'est [Synesthésie](#lk_syn) dans cet environnement de Saint-Denis, je rencontre d’ors et déjà quelques personnes, et je prends le parti de discuter avec celles-ci et de leur demander à chacune de me présenter quelqu’un d’autre,etc,etc. C'est dans ce réseau que je cheminerais, le découvrant au fur et à mesure.
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Maintenant, quel sera l'objet des rencontres? Il m'importe de découvrir les habitants comme des acteurs de la vie de Saint-Denis en comprenant le rôle qu'ils y jouent, quel qu'il soit. Mais je les questionnerais aussi sur leur rapport au numérique, afin de tenter de cerner quel place a celui-ci dans leurs échanges au quotidien.
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Mon intuition est qu'il est aujourd'hui difficile de séparer un réseau dit_ "physique" _d’un réseau _" virtuel" _ou _"numérique" _mais que ceux-ci s'imbriquent, s'hybrident, se complètent.
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A travers ces échanges je tenterais ainsi de questionner les outils numériques comme vecteurs de convivialité - ou non.
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title: '6 juin 2017'
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Je fais aujourd'hui la connaissance de [Loyce](), en stage à Synesthésie et étudiante à [Paris 8](#mp_paris8#img_paris8).
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Je teste avec elle le format d’interview que j'ai imaginé et la mise en contact avec une tierce personne. Elle m’envoie vers [Marie.P](#img_mariep#), artiste et enseignante à Paris 8: elle a été l'une de ses étudiantes.
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[Bachir,]() qui a justement travaillé avec elle lors d’un atelier à Synesthésie, nous met en lien directement par mail.
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Dans l'après-midi, je découvre l’emplacement de la [Maison Jaune](#mp_maisonjaune#img_mj1), alors fermée. Sur la devanture, une affiche présente un projet de [Tricot Partage](#img_tp), et indique qu'il est porté par une personne dénommée Pascale. Je retrouve les infos sur la [page Facebook](https://www.facebook.com/maisonjaunesaintdenis/?target=_blank) et contacte Pascale pour lui proposer une rencontre.
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Peu familière de l’environnement, l’aspect labyrinthique de la [Dalle](#mp_dalle#img_ilot8), faite de coins et de recoins, ne m’invite pas à m’y ballader : la formation de l’espace accentue chez moi le sentiment d’être perdue.
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Avant de repartir, je déambulle dans le centre de Saint-Denis, marchant au hasard. J’essaye de me rendre plus familière du centre mais ai tendance à graviter peu loin de la [station de métro ](#mp_metrobasilique)que je connais.
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title: '19 juin 2017'
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Il y a quelques jours, j'ai échangé avec [Pasacale](#int_pascale) dont j'avais eu vent du travail sur [l'affiche](#img_mj2) de la Maison Jaune.
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En début d'après midi, nous nous retrouvons à la Maison Jaune, où Pascale me fait découvrir le lieu. Elle m’explique : _« C’est une maison de quartier qui a ouvert au mois de Novembre. l’idée c’est que cet espace soit mis à disposition des habitants, qu’on y organise des choses mais aussi qu’il y ai de la place pour leurs propres initiatives… »_
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Pascale a découvert le lieu en octobre 2016, en passant devant. Elle n’habite pas loin et était justement à la recherche d’un lieu pour son projet de [tricot-partage](#img_tp2), un projet de tricot solidaire.
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Je lui demande de m’en dire plus sur son projet et fait vite le lien avec le [patchwork](#img_tp) de formes tricotés, monumental, qui git au sol de la Maison Jaune :
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_« Le projet de tricot solidaire c’était, au vu de la grosse vague de froid, de réaliser ,avec la participation du public, des carrés de laine de 30cm de côté assemblés en couvertures. Ces couvertures sont à destination de la Croix Rouge et distribuées lors des maraudes. L’envie était aussi que chacun, tout âge confondu, puisse participer à sa manière, en venant pour tricoter, pour apprendre ou pour transmettre. »_
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Pour se fournir en laine, Pascale a lancé un appel au don dans Saint-Denis, qui a vite débordé du territoire par le biais d’internet. Elle a reçu des colis de Paris, de [Bretagne](#mp_bretagne), de [Nice](#mp_nice)..
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_« j’ai même eu un message d’une personne dans un petit village_ [d’Ardèche](#mp_ardeche)_, qui m’a écrit en me disant qu’elle tricoterait des petits carrés de laine pour nous les envoyer. »_
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Ici, internet est un vecteur indéniable de rencontre, mais le _«fil participatif» _comme l’appel Pascale, s’est construit de bien des manières. Le projet est nomade dans Saint-Denis, permettant au groupe de rencontrer d’avantage de personnes et d’ouvrir le réseau initial. Les moyens de communication du projet sont aussi divers. Les habitants de Saint-Denis ont vent du projet par des relais Facebook, des affichages en ville, des flyers.. jusqu’à l’impression même du flyer :
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_« Il y a quelques temps,_ [chez l’imprimeur,](#mp_imprimeur) _je faisais mes photocopies pour l’évenement à la Maison Jaune. Au moment de régler j’ai posé mes copies sur le comptoir. Une dame était derrière moi et a lu «tricot ». Elle m’a demandé ce qu’était l’événement et elle est venue. Depuis, elle vient régulièrement et nous sommes assez liées. »_
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Dans le collectif, c’est sur l’application[ what’s app]() que la communication interne s'organise. Vers l’extérieur, c’est plutôt [Facebook]().
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Lorsque nous évoquons les moyens d’échange et de communication à disposition d’une association comme celle-ci, Pascale observe que l’outil numérique leur permet d’agréger des personnes qui ne sont pas forcément disponibles en temps et en heure, ou n’ont pas la possibilité de se déplacer, mais qui souhaitent quand même être informés, participer et être tenus au courant des activités.
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Elle note cependant que _«la communication papier et la communication numérique sont vraiment complémentaires. Certains utilisent les deux régulièrement mais d’autres sont beaucoup moins familiers de l’outil informatique. Il y a des personnes qui n’ont pas d’e-mail et ne sont joignables que par téléphone, voire qui n’ont pas de téléphone portable. Je crois aussi que c’est bien de ne pas uniformiser l’information.»_
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Pendant notre entretien, apparaît Sofiane, un habitant impliqué dans le collectif de la Maison Jaune, qui projette d'y organiser des ateliers de patisseries, étant lui-même en formation patissier.
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On sent dans ce lieu l’émulation de quelque chose qui naît, qui ne sait pas toujours où il va mais qui est bien là.
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Ce premier échange a été très instructif et Pascale m’ayant évoqué plusieurs lieux de Saint-Denis, je profite de l'après-midi pour les repérer. En chemin, je croise des tricoteuses: un petit groupe [tricote dans la rue](#img_streetmamie), sur les arbres, les barrières. Ca fait tout de suite écho avec le projet tricot-partage de Pascale, et me pousse à m'arrêter discuter.
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C'est comme ça que je fais la connaissance d'[Océane](#img_oceane#lk_oceane), de l'association [Dechets d'arts](#lk_dechetsdart), qui participe ici à une ["opération street mamies"](https://www.facebook.com/streetmamies/?target=_blank), me dit-elle. Elle me laisse sa carte pour que nous nous recontactions plus tard.
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title: '6 juillet 2017'
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Ce matin, j’ai rendez-vous par [Skype]() avec [Marie.P](#img_mariep), avec qui j’ai brièvement échangé par mail, pour un entretien à distance. La sonnerie retenti sur mon ordinateur, nous sommes « là » et je découvre le visage de [Marie]((#int_mariep), dans son bureau baigné de soleil. Je suis au [Havre](#mp_lh), elle à Paris, et durant l’heure qui suit nous discuterons ensemble de Saint-Denis. Je lui explique le projet en quelques mots et l’invite à se présenter.
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Marie enseigne à [Paris 8](#mp_paris8) depuis 4 ans mais n’habite pas Saint-Denis. Lorsqu’elle a commencé à y enseigner, elle a vite constaté qu’avec le metro qui va directement de Paris à [l’université](#mp_metrouniv), il est facile de circonscrire son réseau exclusivement à l’université sans jamais marcher autour de la fac. _«Ce que j’essaye de faire dans certains de mes séminaires à l’université c’est justement d’essayer d’en sortir et de comprendre comment on peut travailler dehors. On a choisi le centre ville de Saint-Denis où on a travaillé notamment avec_ [Synesthésie](#mp_syn) _et _ [La Maison Jaune](#mp_maisonjaune).»
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Durant l’entretien, nous abordons le rapport au numérique et Marie m’explique qu’elle considère qu’Internet fluidifie la communication mais qu’il y est aussi beaucoup question de partage, de mise en commun au-delà de la mise en relation. Elle précise :
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_« Je m’en sers aussi beaucoup pour faire des recherches, comme un espace de connaissance.
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J’actualise mon_ [site internet](http://www.marie-preston.com/?target=_blank) _et j’ai deux blogs pédagogiques ou j’essaye de poster des choses « utiles ». Internet propose des lieux de recherche sur la pédagogie collective ou je peux aussi toucher plus d’étudiants.»_
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Communiquant essentiellement par [mail,]() Marie estime qu’Internet est fondamental pour elle. Avec ses étudiants, les outils numériques lui permettent par ailleurs de travailler en commun sans que tout le monde soit disponible au même moment, de faire vivre un projet avec plus d’autonomie.
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C’est d’ailleurs avec l'une de ses anciennes étudiantes, [Victoria](#img_victoria), que Marie choisi de me mettre en contact, par [mail]().
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title: '12 juillet 2017'
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id: rct_12072017
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Je suis de retour rue de la Boulangerie, à [Franciade](#mp_franciade#lk_franciade), la petite boutique dans laquelle je m'étais rendue lors de ma toute première visite à Saint-Denis. Le [Tote bag](#img_tb) " la vie dyonisienne" m'accompagne toujours.
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[Andreea,](#img_andreea#lk_andreea) avec qui j'avais brièvement échangé lors de cette première visite, est présente dans la boutique et je profite de l'absence de clients pour lui proposer un petit [entretien](#int_andreea). Elle me raconte alors l'histoire de Franciade, autour de laquelle l'entretien tournera beaucoup. On sent toute l'importance et la place que prend cette association dans sa vie. Je comprends que l’association Franciade a 13 ans et la boutique dans laquelle nous nous trouvons existe depuis 7 ans. Son but est de valoriser le patrimoine de la ville de Saint-Denis et le savoir faire des artisans. Si à l’origine il s’agissait surtout de vendre des céramiques, répliques des objets trouvés dans les fouilles du site archéologique , il y a aujourd’hui beaucoup de savoir-faire différents représentés à travers la [boutique](#img_fr2).
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Les projets de l’association sont multiples: édition, photographie, écriture collective, chantiers et création diverses.. touchant un panel d’acteurs encore une fois très variés. Pour Andréea, ce sont les années de travail de la directrice qui font qu’elle a aujourd’hui un grand réseau de contact et que l’équipe arrive à impliquer autant de gens. Alors, lorsque je demande si Franciade entretien des liens avec d’autres associations du coin, la réponse est évidente :_« Oui, bien sûr, on a notre petit réseau comme Artefact, la coopérative Pointcarré, Adada.. il y a énormément d’artistes et d’initiatives ici. Tout le monde connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un… et les projets foisonnent ! »_
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Franciade diffuse par flyers et par [Facebook](https://www.facebook.com/Franciade-Saint-Denis-1636936233206939/?target=_blank). Placés dans une rue qui n’a pas beaucoup de passage, l’équipe a besoin de ramener des gens de l’extérieur qui ne passeraient pas autrement ici. C’est pourquoi ils utilisent beaucoup les réseaux sociaux, qui leur permettent de rappeler aux gens qu’ils sont présents. Leur [site internet,](https://www.franciade.fr/?target=_blank) quant à lui, existe surtout comme vitrine et pour archiver les 13 années d’activités. _« Avec tous les artistes qui passent, c’est bien d’avoir un endroit ou l’on peut retrouver la trace de tout ça. » _
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Pour Andréea, l’outil numérique a une importance toute singulière. En effet, celle-ci vit loin de sa famille et ne pourrait imaginer son quotidien sans Skype et la possibilité de « se voir » que le logiciel lui offre. Ses systèmes de communications se mélangent et se croisent au fil de ses besoins.
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En terme de contact local pour mon expérience, et en conclusion de cet entretien, Andréae m’invite à aller à la rencontre des membres de [Point Carré.](http://www.pointcarre.coop/?target=blank)
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Je m’y rend directement à la suite de cet échange: c’est juste à côté, rue Gabriel Péri.
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[Point Carré](#mp_pointcarre) est une coopérative d’artisans locaux, avec un espace de vente, de café et un espace de co-working. J’y rencontre [Wiebke](#lk_wiebke). Nous échangeons brievement sur le projet mais, trop occupée dans les temps à venir pour envisager un entretien, Wiebke préfére m'envoyer directement vers l'une de ses amies dont un projet récent fait écho au mien. Elle s'appelle [Manon](#img_manon#mp_manon#lk_manon), je note ses coordonnées pour plus tard. Wiebke travaille à la Coopérative mais est aussi [artiste plasticienne](https://www.facebook.com/WIEBKE-508484325977952/?target=_blank), installée à [La Briche](https://bricheforaine.wordpress.com/?target=_blank), un lieu qui accueille des ateliers d’artiste dans le nord de Saint Denis. Son activité porte notamment sur le travaille de la laine, en lien avec l'association [Clinamen](#img_clinamen#lk_clinamen) [](https://www.association-clinamen.fr/?target=_blank), des bergers de Saint Denis..
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Pendant notre échange dans le café, un groupe de personnes discute de Royal Deluxe, une troupe de personnages géants articulés, passés au [Havre,](#mp_lh) ou je réside, le week-end précédent. Une jeune femme m’interpelle en plaisantant et m'informe qu'elle est à l'origine des dessins sérigraphiées sur le [sac](#mp_tb) " la vie Dyonisienne" que je porte et qu’elle portait elle aussi lors de sa visite au Havre pour Royal deluxe. Nous sourions à l’idée que nous étions au moins deux au Havre ce week-end là à arborer les couleurs dyonisiennes.
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title: '25 juillet 2017'
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Ce matin je suis allée visiter [le 6B, ](#mp_6b#img_6b) [](http://www.le6b.fr/?target=_blank)un lieu de création et de diffusion installé dans un ancien immeuble de bureau situé sur les quais dans le quartier de la Gare à Saint-Denis.
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Ouvert depuis 2010, le lieu dispose d'espaces de travail et de diffusion sur 6 étages et accueille plus de 150 résidents. Autogéré par ses résidents, il regroupe musiciens, cinéastes, graphistes, artisans, travailleurs sociaux, comédiens, danseurs, peintres, sculpteurs, architectes… et héberge des événements comme des expositions, spectacles, séminaires, colloques.. lance des actions culturelles de proximité, festivals éphémères..Son objectif est de proposer une culture à portée de tous.
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Je n’y croise pas grand monde, c’est les vacances, mais découvre les étages par une petite visite improvisée.
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Cette après-midi, je quitte Saint-Denis pour retourner dans Paris : j'ai rendez-vous avec [Victoria](#img_victoria#lk_victoria) - contactée via Marie.P. Victoria était étudiante à Paris 8 à Saint Denis mais vit dans Paris. Je la retrouve sur la place de la République et nous nous installons à la terasse du [Café Pierre](#mp_cafepierre).
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Dès nos premiers [échanges]((#int_victoria), ce qu’elle me dit de sa connaissance du territoire de Saint Denis me confirme ce qu’avais pu remarquer Marie : _« Mes premières années à Paris 8, je ne connaissais que la sortie du_ [métro université](#mp_metrouniv) _et les alentours de_ [Paris 8](#mp_paris8)_.. j’ai découvert petit à petit Saint Denis par des amis de la fac qui y habitent. Au début je savais à peine dans quelle direction était le centre ville. »_
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Au fil du temps, elle a ainsi découvert Saint-Denis, surtout à travers les logements de ses amis, jusqu’à ce qu’elle découvre [l’Attiéké](#img_ak#mp_attieke#lk_attieke). Déclaré _«Centre-Social Auto-Organisé»_, l’Attiéké réunit des personnes _« avec ou sans papiers / avec ou sans-logis »_ travaillant ou non, en réquisitionnant un lieu jusque là resté vide, abandonné. Devenant un logement pour tous, le lieu devient aussi un espace de rencontre, d’échange, d’entre-aide et d’activités publiques.
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C’est au moment de [l'expulsion](#img_ak2) du lieu que Victoria a fait la connaissance des ses occupants.
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Des étudiants de Paris 8 s’organisaient alors pour les aider à occuper des lieux pour leur retrouver un espace de vie. _« Un groupe assez militant s’est formé et j’ai découvert les activités et la diversité du lieu. J’y suis beaucoup allée. » _
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Lorsque nous évoquons les canaux de communications liées à un tel lieu, victoria m’explique que dans un système précaire comme celui-là, la communication investit peu les plate-formes comme Facebook avec les événements etc. Que plus discrètement, ça fonctionne aussi très bien.
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_« On se tiens au courant quand on se rencontre ou on s’envoie quelques messages, des mails ou des sms. On utilise beaucoup l’affiche dans les quartiers donc ça a tendance à rester très local et à fédérer des groupes d’habitants. »_
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Au cours de son cursus à Paris 8, c’est autour d’un projet co-créé avec quelques autres étudiants que Victoria a pu explorer le collectif et l’alternatif : [Le Collectif Kabane.](#mp_kabane#img_kb) [](http://kabane.org/?target=_blank)
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_« A l’université j’étais en cours d’art mais on avait ni atelier ni espace de convivialité pour se retrouver ou travailler en groupe. On a décidé de s’aménager un espace pour ça, tout autant symbolique que concret, et on a commencé à construire une cabane. »_
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Si la cabane a disparu, le collectif , lui, a continué à se documenter sur les réseaux alternatifs, les lieux auto-gérés. Kabane se définit comme un collectif expérimental nomade, qui travaille sur la co-production de nouvelles formes de vie et de rapport social.
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Le partage de connaissance est au coeur de leur démarche, et s’exprime aussi dans leur choix d’utilisation du web et des outils numériques :_ « Pour Kabane on a pas mal utilisé les outils Framasoft, des framapad etc, on a essayé d’éviter les google docs et compagnie au sein du collectif car la question du logiciel libre et de l’outil collaboratif était important pour nous. Pour faire le lien avec d’autres étudiants on utilisait surtout les listes de mails. On a beaucoup de gens qui ne sont pas sur Facebook dans nos contacts et on essaye aussi de s’émanciper car on a tendance à s’enfermer dans les infos qui s’y trouves et à ne plus chercher l’information ailleurs.»_
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L’une de leur action retient mon attention: Le projet [«Copiothèque»](http://kabane.org/informations/page/2/?s=copioth%C3%A8que?target=_blank) au coeur duquel le partage de connaissance prend toute sa place, mélangeant la rencontre physique et le partage numérique.
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A la fois _« lieu de rencontre nomade »_ qui invite à partager de la documentation sur un tapis, au sol dans l’espace public, la copithèque est aussi un lieu d’échange numérique via une [Pirate Box](https://fr.wikipedia.org/wiki/PirateBox?target=_blank) sur laquelle il est possible d’envoyer ou télécharger du contenu en s’y connectant.
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Lorsque je quitte Victoria, elle prépare son départ pour un tour de France de lieux alternatifs de quelques mois..
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title: '26 juillet 2017'
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id: rct_260717
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En ce début d’ après-midi, j'ai rendez-vous avez [Océane](#img_oceane#lk_oceane), rencontrée quelques semaines plus tôt devant la [Maison des Séniors.](#mp_maisondesseniors) Elle m'avait proposé de la rejoindre sur [un chantier](#mp_oasis#img_oasis) qu’elle mène pour le [collectif MundGawi.](#lk_mundgawi) En arrivant, j'y rencontre[ Laurent,](#img_laurent#lk_laurent) artisant-sculpteur qui participe lui aussi au chantier et qui m’accueille avant l’arrivée d’Océane. Je lui propose de se joindre à nous le temps de l’entretien. [Océan]((#int_ocelau)e fait partie de l’association [Dechets d’Arts](#lk_dechetsdart#mp_dechetsdart), dont l’objectif est de [sensibiliser](http://www.dechetsdarts.com/?target=_blank) les citoyens à des comportements eco-résponsables autour du dechet et au travers de la création artistique. La démarche de l’association est de faire [du dechet une resssource ](http://www.dechetsdarts.com/?target=_blank)avec une approche poétique, tout en mettant en place des ateliers créatifs pour apprendre des techniques de réemploi.
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_« Le projet des streeet mamies durant lequel tu m’as croisé en fait partie. On part de la technique du crochet adapté à des materiaux de récupération comme du sac plastique et on invite des séniors femmes pour aussi réaffirmer la place et des séniors et de la femme dans l’espace public. C’est un vecteur de rencontre. »_
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Océane est impliquée dans beaucoup d’actions et de collectifs dans Saint-Denis. Il lui est arrivé de rencontrer des gens d’abord sur des plateformes numériques pour la construction de projets. _« Pour certains on a d’abord discuté que ce soit sur des commentaires Facebook ou sur l’application what’s app. Je me suis notamment rapproché d’une structure de maison de quartier coopérative qui est en train de se monter pas loin d’ici et eux, c’est leur principal moyen de communiquer donc pour beaucoup j’ai fait leur connaissance sur what’s app et je les rencontre au fur et à mesure. »_
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Laurent habite Paris et se rend à Saint-Denis essentiellement pour se rendre au [6B,](#mp_6b#img_6B) [](http://www.le6b.fr/?target=_blank) où il a son atelier, mais connais très peu Saint-Denis. Le chantier sur lequel nous nous trouvons est une occasion pour lui d’enclancher des collaborations avec d’autres créateurs du site.
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Océane en revanche habite et connaît bien sa ville de Saint Denis, elle me livre les endroits liés à son quotidien :
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_« L’école_[ rue du corbillon](#mp_copbi)_, le_ [college jbs ](#mp_college)_place de la résistance, le petit café au_ [Pavillon](#mp_pavillon) _éventuellement en accompagnant mes filles le matin. Un petit tour au_ [Point Carré](#mp_pointcarre) _de temps en temps, parce que je suis reliée au projet aussi. Le_ [théâtre Gerard Phillipe](#mp_tgp)_, pas de manière assidue mais régulièrement._ [L’Adada](#mp_adada), [l’artefact 93](#mp_artefact) , [le parc de la légion d’honneur](#mp_legiondhonneur) _avec mes filles ou simplement la_ [place de la basilique](#mp_placebasilique) _pour faire du roller. Le_ [6B ](#mp_6B)_également, parce que j’ai mon bureau là bas et pour participer à des événement. C’est là où on s’est rencontrés avec Laurent. Le_ [chapiteau Rajganawak](#mp_chapiteau) _aussi, qui a ouvert récemment. Il y a un cabaret, des événements, des cours de yoga..et enfin les petits commerces de proximité autour de chez moi. »_
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title: '5 septembre 2017'
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Il est 14H lorsque je pars à la rencontre de [Martine](#img_martine#lk_martine), dont j'ai eu le contact par [Victoria](#img_victoria#lk_victoria). Nous avons rendez-vous au [café le Basilic](#mp_cafebasilic), sur la place de la Basilique à Saint-Denis. Nous y commandons deux cafés.
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L’[entretien]((#int_martine) avec Martine est dense: Sociologue et habitante de Saint-Denis depuis 1986, elle porte un regard riche et critique sur sa ville. Malgrès tout, elle confesse : « [J’habite ici ](#mp_chezmartine) _depuis 86 et finalement, je connais un peu le centre ville car j’y habite, je connais la FAC parce que j’y ai été amené à y bosser, mais il y a des quartiers, où je n’ ai jamais mis les pieds. En centre ville, on a tendance à dire qu’«on» est Saint Denis. Mais en réalité lorsque l’on parle de Saint Denis, on parle ou d’une grande entité abstraite ou d’un petit bout de quartier qu’on connaît. »_
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Sur ce constat, j’évoque la raison de ma venue et la notion de réseau qui se dégage du projet. Martine souligne :
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_« L’idée de réseau, c’est compliqué car c’est une notion abstraite. Il y a une époque ou j’entendais beaucoup « Saint Denis est un village ». Saint-Denis est un village, c’est vrai, mais d’un petit noyau de gens. Par rapport à la Grande ville c’est pas vraiment un village, peut etre DES villages.. »_
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Cette remarque m’invite à préciser l’objectif de cette expérience: La réalité est que je viens à la rencontre _d’un_ réseau de Saint-Denis, parmis tant d’autres. Ce sont mes premières rencontres qui on axé un cheminement vers d’autres personnes et le réseau qu’elles constituent. L’expérience que je mène ici ne pourra donc jamais prétendre à avoir rencontré _«les habitants de Saint-Denis»_ mais bien _«des»_ habitants de , _voire d’un_, Saint-Denis.
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title: '12 septembre 2017'
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Depuis quelques semaines, je suis en contact avec [Manon](#img_manon#lk_manon), dont [Wiebke](#lk_wiebke) de Point Carré m'avait donné le numéro de téléphone. Il y a quelques temps déjà, Manon avait mené un projet de cartographie du réseau artistique de Saint-Denis et il a donc semblé évident à Wiebke que nous aurions beaucoup à échanger. Elle ne s’était pas trompée.
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Après avoir eu un peu de mal à faire concorder nos disponibilités sur Saint-Denis, j'ai rejoint Manon un midi sur son lieu de travail, dans le quartier de [La Défense](#mp_ladefense) à Paris.
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Installées sur un banc, je l’écoute [me raconter](#int_manon) comment elle est tombée sous le charme de Saint-Denis au cours du projet qu'elle y a mené :
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_« L’idée de l’étude, c’était de comprendre les liens entre les lieux plutôt institutionnels et les lieux plutôt alternatifs. J’allai donc voir soit des lieux, soit des artistes, pour qu’ils me parlent de leur parcours, de leurs réseaux etc.. et c’était génial parce que je rencontrais de personnes en personnes. »_
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C’est par le biais de toutes ces rencontres que Manon a pu avoir un apperçu de la richesse de projets, activités et émulations du territoire de Saint Denis.
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_« Ce qui me plait aussi là bas c’est que, par exemple, si je vais au_ [Pavillon](#mp_pavillon)_ je sais que je vais croiser des gens que je connais. J’y rejoins une amie, on est deux, on finit la soirée on est 10 à tables parce que les gens viennent discuter. On s'est croisé une fois ou deux dans un projet du coin et on fini par boire des coups ensemble." _ Rapidement, elle a décidé de s’y installer et il lui a fallu moins de 8 mois pour se familiariser avec ce nouveau territoire.
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Lorsque Manon décrit sa _"ville à echelle humaine"_ comme un espace pleins de ressources et pleins de vie, sa bienveillance à l’égard de sa nouvelle ville me donne envie de continuer à découvrir les lieux à travers son regard. [Le Pavillon](#mp_pavillon#lk_pavillon), ce café du centre ville, semble être l'un de ses lieux fétiche et je décide donc d’aller m’y [installer](#img_pavillon) l'après-midi même, le temps d'un café.
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title: '13 septembre 2017'
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Cet après midi, j’ai rendez-vous avec [Nadia](#img_nadia#lk_nadia), du centre socioculturel coopératif de Saint-Denis. J'ai eu vent de ce centre sur Facebook, grâce à des "likes" de récents contact dyonisiens, comme Pascale.
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Lorsque j'ai contacté l'équipe du centre par l’adresse mail que j'ai trouvé sur la page Facebook, Nadia m’a tout de suite répondu et invité à passer directement dans [les locaux](#mp_coopérence).
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Arrivée au 28 rue Jean Jaurès je suis reçue très chaleureusement par [Nadia](#int_nadia). Autour d’un café dans ce lieu encore peu meublé, Nadia entreprend de retracer l'historique de ce projet coopératif, porté par l'[association Coopérence](http://cooperence.website.majeeko.com/?target=_blank) dont elle s’occupe. Anciennement situé rue Gabriel Péri, le centre coopératif se trouve aujourd’hui dans les locaux de [La Maison des projets,](#mp_centresocialcoop) le temps d’acceder au local – aujourd’hui en travaux - qui lui est destiné [place du 8 mai 1945](#mp_110). Aujourd’hui monté en association, le centre a vocation à devenir une [SCIC](http://www.les-scic.coop/sites/fr/les-scic/les-scic/qu-est-ce-qu-une-scic.html?target=_blank), une société coopérative d’interêt collectif.
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En pleine transition, le lieu est actif pour autant : L’entretien avec Nadia est sans cesse coupé par de nouveaux arrivants, des questions, des tâches à gérer. Une belle ruche se construit, faisant foi de toute l’énergie nécessaire à cet ambitieux projet. En repartant à la fin de cet échange, je rencontre [Pascale](#img_pascale#lk_pascale), qui prépare justement les nouvelles activités qu’elle va commencer à mener dans le local prochainement.
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title: '3 octobre 2017'
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id: rct_03102017
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Retour au [Pavillon](#mp_pavillon#img_pavillon). J’y rejoins [Solen](#img_solen#lk_solen(#int_solen), que je rencontre sur les recommendations de Manon. Nous n’avons pas choisi ce point de rencontre au hasard: Solen[ habite juste à côté ](#mp_solen)et habituée des lieux, c’est justement ici qu’elle avait rencontré [Manon](#lk_manon), par le biais d’une amie. Solen est arrivée à Saint Denis il y a quelques années pour se rapprocher de son lieu de travail, plus au Nord. En cherchant un logement, elle a été agréablement surprise par la ville dont elle s’était forgée une image négative. N’y connaissant personne au départ, c’est principalement à travers le réseau de l’[AMAP](#lk_amap) [](http://www.amap-court-circuit.org/?target=_blank) qu’elle s’est ouverte à de nouvelles activités et rencontres sur Saint-Denis. Plus tard, une période de chômage l’a encouragée à s’investir davantage dans la vie associative du territoire et elle a notamment pu réfléchir à un projet de café culturel, toujours en cours avec d’autres habitants, dont [Olivier](#img_olivier#lk_olivier), que j’avais déjà prévu de rencontrer le lendemain. Lorsque je fais la remarque, Solen me confie que c’est justement la personne vers qui elle m’aurait invité à aller.
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Cette coïncidence me fait souligner que durant ces semaines passées ici je suis souvent retombée sur les même personnes et qu’ainsi je perçois bien que je chemine dans un réseau sans tellement en croiser d’autres. Solen réagit : _« Je crois que partout, dans les réseaux de personnes, on peut vite avoir l’impression d’un réseau fermé sur lui-même . C’est sûr qu’au sein de l’AMAP par exemple, ou des gens que je fréquente on retombe sur des profils assez similaires, socialement, culturellement.. qu’il y a plein d’endroits qui ont beau être proches de chez moi , je ne les fréquente pas, parce que naturellement, on va toujours vers ce qu’on connaît je pense, les lieux qui nous sont familiers. Pour autant, entre chacun de ces réseaux, il y a des ponts qui se créent. »_
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title: '4 octobre 2017'
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id: rct_04102017
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Pour la première fois, je ne m’arrête pas à la station de métro Basilique mais pousse jusqu’à [Université](#mp_metrouniv): Ce matin, je rejoins [Marie.W](#img_mariew#lk_mariew) dont le contact m’avait été donné par [Victoria](#lk_victoria).
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Anciennement étudiante à [Paris 8](#mp_paris8#img_paris8) et vivant non loin, Marie m’a donné rendez-vous devant l’université pour me donner l’occasion de la découvrir.
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En l’y attendant je découvre des [affiches de l’Attiéké ](#img_ak)datant de fin septembre, faisant état de leur recherche de lieux dont ils ont _«besoin pour habiter le monde»_. En attendant, accompagné d’ateliers vélos, cantine, kiosque,.. le centre social auto-géré continue dans la rue.
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Lorsque Marie me rejoint nous entrons dans l’université en quête d’un lieu pour discuter. La cafeteria en travaux nous pousse à chercher une salle vide pour s’y installer. Marie m’assure qu’elle n’avait pas de difficulté à le faire à l’époque de ses études. Après une dizaine de minutes à déranger des classes, sans trouver notre bonheur, Marie a l’idée d’aller voir vers les studios, ou elle a passé beaucoup de temps et dont elle connait biens les équipes. Nous sommes finallement invitées à utiliser un studio d’enregistrement radio, avec tout le dispositif qui va avec. L’expérience est surprenante : nous nous retrouvons toutes deux autour de cette table, casques sur la tête, et on se prête au jeu..
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Marie habite Saint-Denis depuis 5 ans : _« J’y suis venu parce que je voulais aller à l’université de Paris 8 et pour moi c’était très important_ d’[habiter](#mp_mariew) _au même endroit que là ou j’étudiais pour pouvoir créer des passerelles entre l’université et mon chez moi, pour pouvoir inviter des gens, avoir un rapport avec l’extérieur. »_ Comme beaucoup, elle a mis du temps à découvrir Saint-Denis au-delà de l’université, d’autant plus qu’elle habite dans le secteur proche de l’université. La taille de Paris-8, véritable université-monde, demande déjà d’y consacrer beaucoup de temps.
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Plus tard, c’est à travers des lieux comme le bar [Le Pavillon](#mp_pavillon), la galerie [ADADA](#mp_adada), le [cinéma l’écran](#mp_ecran93) ou encore le [théatre Gerard Philipe](#mp_tgp) qu’elle a pu rencontré davantage de personnes dans le centre de Saint-Denis..mais aussi via [l’AMAP « Court-circuit »](#lk_amap) de Saint-Denis, qui, pour elle comme pour beaucoup, représente bien plus qu’une question d’alimentation.
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_«C’est surtout un moyen de se rencontrer et de se connaître entre dyonisiens. On a une liste mail où on se file des infos, qu’on ai quelques chose à donner, qu’on cherche un medecin, un plombier..qu’on informe d’une date de concert.. tout ça passe par la liste de discussion. Mon dernier colocataire je l’ai trouvé par ce biais là.»_
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Par ailleurs, le rapport qu’entretien Marie au numérique et plus généralement à la connexion au monde est interessant : Par choix, elle n’a longtemps pas eu de téléphone, aujourd’hui elle en possde un mais sans accè à un internet. Il y a encore quelques temps, elle se rendait au [Taxiphone](#mp_taxiphone#img_taxiphone) – cyber café de son quartier – pour acceder à sa boîte mail et effectuer des recherches. Par peur de la surconnexion, de se couper du contact direct avec le monde, Marie multiplie les astuces pour ne pas faciliter sa connexion numérique. Pour autant, des paradoxes se créent. Elle possède notamment une [web-trotter](https://youtu.be/Gfi1YAraGcg?target=_blank), inititalement acquérie pour ses séjours à la campagne, qui au contraire lui permet de se connecter partout.. mais uniquement sur ordinateur. Elle remarque que les limites qu’elle se pose bougent avec le temps : _«Je triche un peu, c’est en train d’évoluer doucement. »_
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title: '5 octobre 2017'
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id: rct_05102017
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Lorsque j’avais rencontré Pascale la première fois, elle m’avait évoqué la crêperie [« La Bigoudène » ](#img_labigoudene#mp_labigoudene)comme un lieu assez fréquenté par les Dyonisiens. Je profite d’avoir du temps ce midi pour y déjeuner.
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Un rayon de soleil bienvenu me permet de m’installer en terrasse, avec vue sur [la Basilique](#img_basilique). Autour de moi, j’entend les discussions d’un service de mairie venu déjeuner là.
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Il est 16H lorsque je retrouve [Olivier ](#img_olivier#lk_olivier)au 4 Place Paul Langevin, local de l’[AMAP Court-circuit.](http://www.amap-court-circuit.org/?target=_blank)
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J’ai pu rencontrer Olivier par le biais d’[Elodie](#lk_elodie), membre de synesthésie. Elle s’est installée recemment sur Saint-Denis dans la colocation d’Olivier dont elle a eu vent par la mailing list de l’AMAP.
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Ce n’est donc pas par hasard que nous nous retrouvons dans [ce local](#mp_amap), car si ma rencontre avec olivier est relié à l’Amap, pour lui, c’est toute sa vie dyonisienne qui l’est.
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En effet, arrivé il y a 3 ans à Saint-Denis, c’est par la rencontre d’une « amapienne » comme il dit, qu’il s’est inscrit à court-circuit et qu’il a pu s’ouvrir sur la ville :
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_«C’est là que mon réseau Dyonisien à commencé à s’ouvrir. Au début je venais pour mes paniers de légumes et petit à petit j’ai commencé à faire connaissance avec les gens, à utiliser le réseau. La liste de discussion est très active, sur une multitude de sujets. On est 700 inscrits sur la liste, donc 700 foyers, ça donne une nombre de personnes impressionnant. Il y a même un framapad pour se communiquer tous les bons plans, les bonnes adresses d’artisants, de restaurants, de spécialistes médicaux etc.. »_
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Si ce n’est pas la première fois qu’on me parle de l’AMAP comme d’un réseau qui permet de s’ouvrir sur Saint-Denis je me pose pour autant la question de l’envergure de cette ouverture : Est-ce un réseau particulier ou un point de rencontre entre des réseaux, formé personnes d’horizons, modes de vies et cultures très différentes ? Olivier me fait part d’un constat surprenant :_ « L’AMAP est ici situé dans la_ [cité Langevin](#mp_amap)_, et je crois qu’on a aucun inscrit dans les habitants de la cité, ce qui peut être assez étonnant.. »_ L’AMAP est géograhiquement située dans cette cité par l’opportunité que représentait ce local, mais ne touche pas pour autant la population avoisinante. Je le questionne justement sur cette problématique de mixité sociale et culturelle, dont j’ai cru comprendre par Solen et leur projet de café culturel qu’elle lui était importante. Olivier a en effet cette envie de créer un lieu féderateur, capable de rassembler et nourrir les gens en toute simplicité. S’il est davantage séduit par une idée de lieu nomade, pouvant aller aux devant des autres, partir à la rencontre d’espaces plus isolés, il n’exclu pas la piste de s’associer avec le nouveau [centre social coopératif](#mp_110) porté par [Nadia ](#img_nadia)et envisage d'en imaginer la partie café.
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Olivier avait entendu parler de Nadia et son projet au hasard d’une conversation avec une amapienne.. Nous concluons l’échange sur son constat : _« Avoir du réseau ça simplifie vraiment les choses. » _
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title: '11 avril 2017'
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id: rct_110417
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Je me rends pour la première fois dans la ville de Saint Denis.
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J’y découvre d’abord, en sortant de la station de métro, le quartier de la Basilique ou j’apprécie la place avec tous ses cafés. Le contraste entre l'architecture de la Basilique et celle de Gailhoustet sur la place du Caquet est frappant.
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En amont de cette visite, j’ai cherché à avoir un premier apperçu de Saint-Denis via quelques recherches sur internet. J’ai noté des noms d’associations et de rues que j’essaye de repérer aujourd’hui pendant ma ballade. Je commence par la [rue du Corbillon](#mp_copbi), dont j’ai compris via Facebook qu’un groupe d’habitants porte l’association [Bonjour voisins Cop’Billon](#img_copbi), pour une revalorisation de la rue. Cette dernière accueille deux écoles mais est deserte lorsque je la traverse. Seules les bannières au bout de la rue, rappelant les évenements de 2015, flottent au vent. De grands portraits interpellent sur la detresse de familles qui ont beaucoup perdu ce jour de novembre.
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Je continue vers la rue de la Boulangerie, dans laquelle j’ai repéré l’existence de la [Maison de la vie associative](#mp_mva). Le lieu fait état d’une grande diversité d’information et de propositions: clubs de sports, cours d’alphabétisation, rencontres de tricot, cours de théâtre, projets artistiques, informations de rénovation d’habitat.. l’impression que j’avais eu sur le site de la ville en parcourant la liste des centaines d’associations dyonisienne se confirme ici : Celle de l’existence d’un grand réseau, couvrant un large panel d’activités et de services.
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Dans cette même rue, je reconnaît la façade de la boutique [Franciade,](#img_fr#mp_fr) également repérée sur internet . J’y rencontre [Andréea](#img_andreea#int_andreea) avec qui je discute rapidement et qui m’explique le projet de l’association, visant à valoriser le patrimoine Dyonnisien. La présence de quelques clients me pousse à la laisser libre mais j’achète au passage un petit Tote bag [La vie Dyonisienne ](#img_tb)sur lequel sont illustrés des lieux significatifs de la ville. Il me suivra tout au long de cette expérience.
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Le lendemain matin, j’ai rendez-vous avec Bachir dans les locaux de [Synesthésie](#mp_syn), ou je fait la connaissance de Line, coordinatrice des projets de l’association.
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En énonçant les envies de chacun, les possibilités qu'offre le contexte de résidence et la connaissance du territoire de Line, nous commençons à construire le projet petit à petit.
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Par un bref état des lieux du quartier, on évoque notamment[ La maison jaune](#mp_maisonjaune), association d’habitant présente sur la dalle au dessus de la Place du Caquet, avec qui Synesthésie entretien des liens.
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Je décide de m'y rendre prochainement.
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title: '12 juillet 2017'
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id: rct_12072017
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Je suis de retour rue de la boulangerie, à Franciade, la petite boutique où j'avais été lors de ma toute première visite à Saint-Denis. Le Tote bag " la vie dyonisienne" m'accompagne toujours.
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Andreea, avec qui j'avais brièvement échangé lors de cette première visite, est présente dans la boutique et je profite de l'absence de clients pour lui proposer un petit entretien. Elle me raconte alors l'histoire de Franciade, autour de laquelle l'entretien tournera beaucoup. On sent toute l'importance et la place que prend cette association dans sa vie. Je comprends que l’association Franciade a 13 ans et la boutique dans laquelle nous nous trouvons existe depuis 7 ans. Son but est de valoriser le patrimoine de la ville de Saint-Denis et le savoir faire des artisans. Si à l’origine il s’agissait surtout de vendre des céramiques, répliques des objets trouvés dans les fouilles du site archéologique , il y a aujourd’hui beaucoup de savoir-faire différents représentés à travers la boutique.
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Les projets de l’association sont multiples : édition, photographie, écriture collective, chantiers et création diverses.. touchant un panel d’acteurs encore une fois très variés. Pour Andréea, ce sont les années de travail de la directrice qui font qu’elle a aujourd’hui un grand réseau de contact et que l’équipe arrive à impliquer autant de gens. Alors, lorsque je demande si Franciade entretien des liens avec d’autres associations du coin, la réponse est évidente :
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« Oui, bien sûr, on a notre petit réseau comme Artefact, la coopérative Pointcarré, Adada.. il y a énormément d’artistes et d’initiatives ici. Tout le monde connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un… et les projets foisonnent ! »
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Franciade diffuse par flyers et par Facebook. Placés dans une rue qui n’a pas beaucoup de passage, l’équipe a besoin de ramener des gens de l’extérieur qui ne passeraient pas autrement ici. C’est pourquoi ils utilisent beaucoup les réseaux sociaux, qui leur permettent de rappeler aux gens qu’ils sont présents. Leur site internet, quant à lui, existe surtout comme vitrine et pour archiver les 13 années d’activités. « Avec tous les artistes qui passent, c’est bien d’avoir un endroit ou l’on peut retrouver la trace de tout ça. »
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Pour Andréea, l’outil numérique a une importance toute singulière. En effet, celle-ci vit loin de sa famille et ne pourrait imaginer son quotidien sans Skype et la possibilité de « se voir » que le logiciel lui offre. Ses systèmes de communications se mélangent et se croisent au fil de ses besoins.
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En terme de contact local pour mon expérience, et en conclusion de cet entretien, Andréae m’invite à aller à la rencontre les membres de Point Carré.
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Je m’y rend directement à la suite de cet échange : c’est juste à côté, rue Gabriel Péri.
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Point Carré est une coopérative d’artisans locaux, avec un espace de vente, de café et un espace de co-working.J’y rencontre Wiebke.Nous échangeons brievement sur le projet mais, trop occupée dans les temps à venir pour envisager un entretien, Wiebke préfére m'envoyer directement vers l'une de ses amies dont un projet récent fait écho au mien. Elle s'appelle Manon, je note ses coordonnées pour plus tard. Wiebke travaille à la Coopérative mais est aussi artiste plasticienne, installée à la Briche Foraine, un lieu qui accueille des ateliers d’artiste dans le nord de Saint Denis. Son activité porte notamment sur le travaille de la laine, en lien avec les Clinamen, des bergers de Saint Denis..
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Pendant notre échange dans le café, un groupe de personnes discute de Royal Deluxe, une troupe de personnages géants articulés, passés au Havre, ou je réside, le week-end précédent. Une jeune femme m’interpelle en plaisantant et m'informe qu'elle est à l'origine des dessins sérigraphiées sur le sac " la vie Dyonisienne" que je porte et qu’elle portait elle aussi lors de sa visite au Havre pour Royal deluxe. Nous sourions à l’idée que nous étions au moins deux au Havre ce week-end là à arborer les couleurs dyonisiennes.
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title: '12 juillet 2020'
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title: '12 septembre 2017'
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id: rct_12092017
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Depuis quelques semaines, je suis en contact avec Manon, dont Wiebke de Point Carré m'avait donné le numéro de téléphone. Il y a quelques temps déjà, Manon avait mené un projet de cartographie du réseau artistique de Saint-Denis et il a donc semblé évident à Wiebke que nous aurions beaucoup à échanger. Elle ne s’était pas trompée.
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Après avoir eu un peu de mal à faire concorder nos disponibilités sur Saint-Denis, j'ai rejoint Manon un midi sur son lieu de travail, dans le quartier de La Défense à Paris.
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Installées sur un banc, je l’écoute me raconter comment elle est tombée sous le charme de Saint-Denis au cours du projet qu'elle y a mené :
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« L’idée de l’étude, c’était de comprendre les liens entre les lieux plutôt institutionnels et les lieux plutôt alternatifs. J’allai donc voir soit des lieux, soit des artistes, pour qu’ils me parlent de leur parcours, de leurs réseaux etc.. et c’était génial parce que je rencontrais de personnes en personnes. »
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C’est par le biais de toutes ces rencontres que Manon a pu avoir un apperçu de la richesse de projets, activités et émulations du territoire de Saint Denis.
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« Ce qui me plait aussi là bas c’est que par exemple si je vais au Pavillon je sais que je vais croiser des gens que je connais. J’y rejoins une amie, on est deux, on finit la soirée on est 10 à tables parce que les gens viennent discuter, tu t’es croisé une fois ou deux dans un projet du coin et on fini par boire des coups ensemble. « Rapidement, elle a décidé de s’y installer et il lui a fallu moins de 8 mois pour se familiariser avec ce nouveau territoire.
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Lorsque Manon décrit sa "ville à echelle humaine" comme un espace pleins de ressources et pleins de vie, sa bienveillance à l’égard de sa nouvelle ville me donne envie de continuer à découvrir les lieux à travers son regard. Le Pavillon, un café du centre ville, semble être l'un de ses lieux fétiche et je décide donc d’aller m’y installer l'après-midi même, le temps d'un café.
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title: '13 septembre 2017'
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Cet après midi, j’ai rendez-vous avec Nadia, du centre socioculturel coopératif de Saint-Denis. J'ai eu vent de ce centre sur Facebook, grâce à des "likes" de récents contact dyonisiens, comme Pascale.
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Lorsque j'ai contacté l'équipe du centre par l’adresse mail que j'ai trouvé sur la page Facebook, Nadia m’a tout de suite répondu et invité à passer directement dans les locaux.
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Arrivée au 28 rue Jean Jaurès je suis reçue très chaleureusement par Nadia. Autour d’un café dans ce lieu encore peu meublé, Nadia entreprend de me retracer l'historique de ce projet coopératif, porté par l'association Coopérence dont elle s’occupe. Anciennement situé rue Gabriel Péri, le centre coopératif se trouve aujourd’hui dans les locaux de La Maison des projets, le temps d’acceder au local – aujourd’hui en travaux - qui lui est destiné place du 8 mai 1945. Aujourd’hui monté en association, le centre a vocation à devenir une SCIC, une société coopérative d’interêt collectif.
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En pleine transition, le lieu est actif pour autant : L’entretien avec Nadia est sans cesse coupé par de nouveaux arrivants, des questions, des tâches à gérer. Une belle ruche se construit, faisant foi de toute l’énergie nécessaire à cet ambitieux projet. En repartant à la fin de cet échange, je rencontre Pascale, qui prépare justement les nouvelles activités qu’elle va commencer à mener dans le local prochainement.
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title: '19 juin 2017'
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Il y a quelques jours, j'ai échangé avec [Pasacale](#int_pascale) dont j'avais eu vent du travail sur [l'affiche](#img_mj2) de la Maison Jaune.
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En début d'après midi, nous nous retrouvons à la Maison Jaune, où Pascale me fait découvrir le lieu. Elle m’explique : « C’est une maison de quartier qui a ouvert au mois de Novembre. l’idée c’est que cet espace soit mis à disposition des habitants, qu’on y organise des choses mais aussi qu’il y ai de la place pour leurs propres initiatives… »
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Pascale a découvert le lieu en octobre 2016, en passant devant. Elle n’habite pas loin et était justement à la recherche d’un lieu pour son projet de tricot-partage, un projet de tricot solidaire.
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Je lui demande de m’en dire plus sur son projet et fait vite le lien avec le patchwork de formes tricotés, monumental, qui git au sol de la Maison Jaune :
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« Le projet de tricot solidaire c’était, au vu de la grosse vague de froid, de réaliser ,avec la participation du public, des carrés de laine de 30cm de côté assemblés en couvertures. Ces couvertures sont à destination de la Croix Rouge et distribuées lors des maraudes. L’envie était aussi que chacun, tout âge confondu, puisse participer à sa manière, en venant pour tricoter, pour apprendre ou pour transmettre. »
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Pour se fournir en laine, Pascale a lancé un appel au don dans Saint-Denis, qui a vite débordé du territoire par le biais d’internet. Elle a reçu des colis de Paris, de Bretagne, de Nice..
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« j’ai même eu un message d’une personne dans un petit village d’ardèche, qui m’a écrit en me disant qu’elle tricoterait des petits carrés de laine pour nous les envoyer. »
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Ici, internet est un vecteur indéniable de rencontre, mais le « fil participatif » comme l’appel Pascale, s’est construit de bien des manières. Le projet est nomade dans Saint-Denis, permettant au groupe de rencontrer d’avantage de personnes et d’ouvrir le réseau initial. Les moyens de communication du projet sont aussi divers. Les habitants de Saint-Denis ont vent du projet par des relais Facebook, des affichages en ville, des flyers.. jusqu’à l’impression même du flyer :
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« Il y a quelques temps, chez l’imprimeur, je faisais mes photocopies pour l’évenement à la Maison Jaune. Au moment de régler j’ai posé mes copies sur le comptoir. Une dame était derrière moi et a lu « tricot ». Elle m’a demandé ce qu’était l’événement et elle est venue. Depuis, elle vient régulièrement et nous sommes assez liées. »
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Dans le collectif, c’est sur l’application what’s app que la communication interne s'organise. Vers l’extérieur, c’est plutôt Facebook.
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Lorsque nous évoquons les moyens d’échange et de communication à disposition d’une association comme celle-ci, Pascale observe que l’outil numérique leur permet d’agréger des personnes qui ne sont pas forcément disponibles en temps et en heure, ou n’ont pas la possibilité de se déplacer, mais qui souhaitent quand même être informés, participer et être tenus au courant des activités.
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Elle note cependant que « la communication papier et la communication numérique sont vraiment complémentaires. Certains utilisent les deux régulièrement mais d’autres sont beaucoup moins familiers de l’outil informatique. Il y a des personnes qui n’ont pas d’e-mail et ne sont joignables que par téléphone, voire qui n’ont pas de téléphone portable. Je crois aussi que c’est bien de ne pas uniformiser l’information.»
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Pendant notre entretien, apparaît Sofiane, un habitant impliqué dans le collectif de la Maison Jaune, qui projette d'y organiser des ateliers de patisseries, étant lui-même en formation patissier.
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On sent dans ce lieu l’émulation de quelque chose qui naît, qui ne sait pas toujours où il va mais qui est bien là.
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Ce premier échange a été très instructif et Pascale m’ayant évoqué plusieurs lieux de Saint-Denis, je profite de l'après-midi pour les repérer. En chemin, je croise des tricoteuses : un petit groupe tricote dans la rue, sur les arbres, les barrières. Ca fait tout de suite écho avec le projet tricot-partage de Pascale, et me pousse à m'arrêter discuter.
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C'est comme ça que je fais la connaissance d'Océane, de l'association Dechets d'arts, qui participe ici à une "opération street mamies", me dit-elle. Elle me laisse sa carte pour que nous nous recontactions plus tard.
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title: '25 juillet 2017'
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Ce matin je suis allée visiter le 6B, un lieu de création et de diffusion installé dans un ancien immeuble de bureau situé sur les quais dans le quartier de la Gare à Saint-Denis.
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Ouvert depuis 2010, le lieu dispose d'espaces de travail et de diffusion sur 6 étages et accueille plus de 150 résidents. Autogéré par ses résidents, il regroupe musiciens, cinéastes, graphistes, artisans, travailleurs sociaux, comédiens, danseurs, peintres, sculpteurs, architectes… et héberge des événements comme des expositions, spectacles, séminaires, colloques.. lance des actions culturelles de proximité, festivals éphémères,Son objectif est de proposer une culture à portée de tous.
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Je n’y croise pas grand monde, c’est les vacances, mais découvre les étages par une petite visite improvisée.
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Cette après-midi, je quitte Saint-Denis pour retourner dans Paris : j'ai rendez-vous avec Victoria - contactée via Marie.P. Victoria était étudiante à Paris 8 à Saint Denis mais vit dans Paris. Je la retrouve sur la place de la République et nous nous installons à la terasse du café Pierre.
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Dès nos premiers échanges, ce qu’elle me dit de sa connaissance du territoire de Saint Denis me confirme ce qu’avais pu remarquer Marie : « Mes premières années à Paris 8, je ne connaissais que la sortie du métro université et les alentours de Paris 8.. j’ai découvert petit à petit Saint Denis par des amis de la fac qui y habitent. Au début je savais à peine dans quelle direction était le centre ville. »
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Au fil du temps, elle a ainsi découvert Saint-Denis, surtout à travers les logements de ses amis, jusqu’à ce qu’elle découvre l’Attiéké. Déclaré « Centre-Social Auto-Organisé », l’Attiéké réunit des personnes « avec ou sans papiers / avec ou sans-logis » travaillant ou non, en réquisitionnant un lieu jusque là resté vide, abandonné. Devenant un logement pour tous, le lieu devient aussi un espace de rencontre, d’échange, d’entre-aide et d’activités publiques.
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C’est au moment de l’expulsion du lieu que Victoria a fait la connaissance des ses occupants.
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Des étudiants de Paris 8 s’organisaient alors pour les aider à occuper des lieux pour leur retrouver un espace de vie. « Un groupe assez militant s’est formé et j’ai découvert les activités et la diversité du lieu. J’y suis beaucoup allée. »
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Lorsque nous évoquons les canaux de communications liées à un tel lieu, victoria m’explique que dans un système précaire comme celui-là, la communication investit peu les plate-formes comme Facebook avec les événements etc. Que pllus discrètement, ça fonctionne aussi très bien.
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« On se tiens au courant quand on se rencontre ou on s’envoie quelques messages, des mails ou des sms. On utilise beaucoup l’affiche dans les quartiers donc ça a tendance à rester très local et à fédérer des groupes d’habitants. »
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Au cours de son cursus à Paris 8, c’est autour d’un projet co-créé avec quelques autres étudiants que Victoria a pu explorer le collectif et l’alternatif : Le Collectif Kabane.
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« A l’université j’étais en cours d’art mais on avait ni atelier ni espace de convivialité pour se retrouver ou travailler en groupe. On a décidé de s’aménager un espace pour ça, tout autant symbolique que concret, et on a commencé à construire une cabane. »
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Si la cabane a disparu, le collectif , lui, a continué à se documenter sur les réseaux alternatifs, les lieux auto-gérés. Kabane se définit comme un collectif expérimental nomade, qui travaille sur la co-production de nouvelles formes de vie et de rapport social.
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Le partage de connaissance est au coeur de leur démarche, et s’exprime aussi dans leur choix d’utilisation du web et des outils numériques : « Pour la Kabane on a pas mal utilisé les outils Framasoft, des framapad etc, on a essayé d’éviter les google docs et compagnie au sein du collectif car la question du logiciel libre et de l’outil collaboratif était important pour nous. Pour faire le lien avec d’autres étudiants on utilisait surtout les listes de mails. On a beaucoup de gens qui ne sont pas sur Facebook dans nos contacts et on essaye aussi de s’émanciper car on a tendance à s’enfermer dans les infos qui s’y trouves et à ne plus chercher l’information ailleurs.»
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L’une de leur action retient mon attention : Le projet « Copiothèque » au coeur duquel le partage de connaissance prend toute sa place, mélangeant la rencontre physique et le partage numérique.
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A la fois « lieu de rencontre nomade » qui invite à partager de la documentation sur un tapis, au sol dans l’espace public, la copithèque est aussi un lieu d’échange numérique via une Pirate Box ou il est possible d’envoyer ou télécharger du contenu en s’y connectant.
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Lorsque je quitte Victoria, elle prépare son départ pour un tour de France des lieux alternatifs de quelques mois..
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title: '26 juillet 2017'
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En ce début d’ après-midi, j'ai rendez-vous avez Océane, rencontrée quelques semaines plus tôt devant la Maison des Séniors. Elle m'avait proposé de la rejoindre sur un chantier qu’elle mène pour le collectif MundGawi. En arrivant, j'y rencontre Laurent, artisant-sculpteur qui participe lui aussi au chantier et qui m’accueille avant l’arrivée d’Océane. Je lui propose de se joindre à nous le temps de l’entretien. Océane fait partie de l’association Dechets d’Arts, dont l’objectif est de sensibiliser les citoyens à des comportements eco-résponsables autour du dechet et au travers de la création artistique. La démarche de l’association est de faire du dechet une resssource avec une approche poétique, tout en mettant en place des ateliers créatifspour apprendre des techniques de réemploi.
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« Le projet des streeet mamies durant lequel tu m’as croisé en fait partie. On part de la technique du crochet adapté à des materiaux de récupération comme du sac plastique et on invite des séniors femmes pour aussi réaffirmer la place et des séniors et de la femme dans l’espace public. C’est un vecteur de rencontre. »
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Océane est impliquée dans beaucoup d’actions et de collectifs dans Saint-Denis. Il lui est arrivé de rencontrer des gens d’abord sur des plateformes numériques pour la construction de projets. « Pour certains on a d’abord discuté que ce soit sur des commentaires Facebook ou sur l’application what’s app. Je me suis notamment rapproché d’une structure de maison de quartier coopérative qui est en train de se monter pas loin d’ici et eux, c’est leur principal moyen de communiquer donc pour beaucoup j’ai fait leur connaissance sur what’s app et je les rencontre au fur et à mesure. »
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Laurent habite Paris et se rend à Saint-Denis essentiellement pour se rendre au 6B, ou il a son atelier, mais connais très peu Saint-Denis. Le chantier sur lequel nous nous trouvons est une occasion pour lui d’enclancher des collaborations avec d’autres créateurs du site.
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Océane en revanche habite et connaît bien sa ville de Saint Denis, elle me livre les endroits liés à son quotidien :
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« L’école rue du corbillon, le college jsd place de la résistance, le petit café au Pavillon éventuellement en accompagnant mes filles le matin. Un petit tour au Point Carré de temps en temps, parce que je suis reliée au projet aussi. Le théâtre Gerard Phillipe, pas de manière assidue mais régulièrement. L’Adada, l’artefact 93 , le parc de la légion d’honneur avec mes filles ou simplement la place de la basilique pour faire du roller. Le 6B également, parce que j’ai mon bureau là bas et pour participer à des événement. C’est là où on s’est rencontrés avec Laurent. Le chapiteau Rajganawak aussi, qui a ouvert récemment. Il y a un cabaret, des événements, des cours de yoga..et enfin les petits commerces de proximité autour de chez moi. »
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title: '3 octobre 2017'
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id: rct_03102017
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Retour au Pavillon, cette fois accompagnée. J’y rejoint Solen, que je rencontre sur les recommendations de Manon. Nous n’avons pas choisi ce point de rencontre au hasard : Solen habite juste à côté et habituée des lieux, c’est justement ici qu’elle avait rencontré Manon, par le biais d’une amie. Solen est arrivée à Saint Denis il y a quelques années pour se rapprocher de son lieu de travail, plus au Nord. En cherchant un logement, elle a été agréablement surprise par la ville dont elle s’était forgée une image négative. N’y connaissant personne au départ, c’est principalement à travers le réseau de l’AMAP qu’elle s’est ouverte à de nouvelles activités et rencontres sur Saint-Denis. Plus tard, une période de chômage l’a encouragée à s’investir davantage dans la vie associative du territoire et elle a notamment pu réfléchir à un projet de café culturel, toujours en cours avec d’autres habitants, dont Olivier, que j’avais déjà prévu de rencontrer le lendemain. Lorsque je fais la remarque, Solen me confie que c’est justement la personne vers qui elle m’aurait invité à aller.
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Cette coïncidence me fait souligner que durant ces semaines passées ici je suis souvent retombé sur les même personnes et qu’ainsi je perçois bien que je chemine dans un réseau sans tellement en croiser d’autres. Solen réagit : « Je crois que partout, dans les réseaux de personnes, on peut vite avoir l’impression d’un réseau fermé sur lui-même . C’est sûr qu’au sein de l’AMAP par exemple, ou des gens que je fréquente on retombe sur des profils assez similaires, socialement, culturellement.. qu’il y a plein d’endroits qui ont beau être proches de chez moi , je ne les fréquente pas, parce que naturellement, on va toujours vers ce qu’on connaît je pense, les lieux qui nous sont familiers. Pour autant, entre chacun de ces réseaux, il y a des ponts qui se créent. »
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title: '30 Janvier 2017'
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C'est ici le premier article du récit qui sera alimenté au fur et à mesure du projet..
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Début Janvier, Bachir Soussi-Chiadmi m’invitait à le rejoindre sur une période de la résidence qu’il mene à Synesthésie, centre de recherche et de création artistique basé place du Caquet à Saint-Denis.
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Depuis quelques années, Bachir travaille autour de l’alternative que sont les outils libres et open-sources dans le champ de la création. Avec Synesthésie, il conduit une recherche qui questionne la convivialité des outils numériques que nous utilisons quotidiennement et la manière dont nous habitons les espaces de vie qu’ils composent.
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Dans sa proposition de collaboration, Bachir m’invite à traiter de la convivialité citoyenne dans Saint-Denis. Il s’agira de penser une approche qui permettrait de répertorier les activités « invisbles ou informelles » - les espaces discrets de convivialité - des habitants du quartier centre de Saint Denis, autour de Synesthésie. Par ailleurs, l’un des enjeux de cette enquête est de questionner l’outil numérique comme vecteur de convivialité. C’est à partir de ces premières pistes que le projet évoluera par la suite.
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title: '4 octobre 2017'
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id: rct_04102017
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Pour la première fois, je ne m’arrête pas à la station de métro Basilique mais pousse jusqu’à Université : Ce matin, je rejoint Marie.W dont le contact m’avait été donné par Victoria.
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Anciennement étudiante à Paris 8 et vivant non loin, Marie m’a donné rendez-vous devant l’université pour me donner l’occasion de la découvrir.
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En l’y attendant je découvre des affiches de l’Attiéké datant de fin septembre, faisant état de leur recherche de lieux dont ils ont « besoin pour habiter le monde ». En attendant, accompagné d’ateliers vélos, cantine, kiosque,..le centre social auto-géré continue dans la rue.
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Lorsque Marie me rejoint nous entrons dans l’université en quête d’un lieu pour discuter. La cafeteria en travaux nous pousse à chercher une salle vide pour s’y poser. Marie m’assure qu’elle n’avait pas de difficulté à le faire à l’époque de ses études. Pourtant au bout d’une dizaine de minutes, après avoir dérangé quelques classes, on ne trouve toujours pas notre bonheur.
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Marie a alors l’idée d’aller voir vers les studios, ou elle a passé beaucoup de temps et dont elle connait biens les équipes, si un bureau serait libre. On est invitées à utiliser un studio d’enregistrement radio, avec tout le dispositif qui va avec. L’expérience est surprenante : nous nous retrouvons toutes deux autour de cette table, casques sur la tête, et on se prête au jeu..
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Marie habite Saint-Denis depuis 5 ans : « J’y suis venu parce que je voulais aller à l’université de Paris 8 et pour moi c’était très important d’habiter au même endroit que là ou j’étudiais pour pouvoir créer des passerelles entre l’université et mon chez moi, pour pouvoir inviter des gens, avoir un rapport avec l’extérieur. » Comme beaucoup, elle a mis du temps à découvrir Saint-Denis au-delà de l’université, d’autant plus qu’elle habite dans le secteur proche de l’université. La taille de Paris-8, véritable université-monde, demande déjà d’y consacrer beaucoup de temps.
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Plus tard, c’est à travers des lieux comme le bar Le Pavillon, la galerie ADADA, le cinéma l’écran ou encore le théatre Gerard Philippe qu’elle a pu rencontré davantage de personnes dans le centre de Saint-Denis..mais aussi via l’AMAP « Court-circuit » de Saint-Denis, qui, pour elle comme pour beaucoup, représente bien plus qu’une question d’alimentation.
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« C’est surtout un moyen de se rencontrer et de se connaître entre dyonisiens. On a une liste mail où on se file des infos, qu’on ai quelques chose à donner, qu’on cherche un medecin, un plombier..qu’on informe d’une date de concert.. tout ça passe par la liste de discussion. Mon dernier colocataire je l’ai trouvé par ce biais là.»
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Par ailleurs, le rapport qu’entretien Marie au numérique et plus généralement à la connexion au monde est interessant : Par choix, elle n’a longtemps pas eu de téléphone, aujourd’hui elle en possde un mais sans accè à un internet. Il y a encore quelques temps, elle se rendait au Taxiphone – cyber café de son quartier – pour acceder à sa boîte mail et effectuer des recherches. Par peur de la surconnexion, de se couper du contact direct avec le monde, Marie multiplie les astuces pour ne pas faciliter sa connexion numérique. Pour autant, des paradoxes se créent. Elle possède notamment une web-trotter, inititalement acquérie pour ses séjours à l a campagne, qui au contraire lui permet de se connecter partout.. mais uniquement sur ordinateur. Elle remarque d’elle même que les limites qu’elle se pose bougent avec le temps : «. je triche un peu, c’est en train d’évoluer doucement. »
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title: '5 octobre 2017'
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Lorsque j’avais rencontré Pascale la première fois, elle m’avait évoqué la crêperie « La Bigoudène » comme un lieu assez fréquenté par les Dyonisiens. Je profite d’avoir du temps ce midi pour y déjeuner.
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Un rayon de soleil bienvenu me permet de m’installer en terrasse, avec vue sur la Basilique. Autour de moi, j’entend les discussions d’un service de mairie venu déjeuner là.
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Il est 16H lorsque je retrouve Olivier au 4 Place Paul Langevin, local de l’AMAP Court-circuit.
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J’ai pu rencontrer Olivier par le biais d’Elodie, membre de synsthésie. Elle s’est installée recemment sur Saint-Denis dans la colocation d’Olivier dont elle a eu vent par la mailing list de l’AMAP.
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Ce n’est donc pas par hasard que nous nous retrouvons dans ce local, car si ma rencontre avec olivier est relié à l’Amap, pour lui, c’est toute sa vie dyonisienne qui l’est.
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En effet, arrivé il y a 3 ans à Saint-Denis, c’est par la rencontre d’une « amapienne » comme il dit, qu’il s’est inscrit à court-circuit et qu’il a pu s’ouvrir sur la ville :
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« C’est là que mon réseau Dyonisien à commencé à s’ouvrir. Au début je venais pour mes paniers de légumes et petit à petit j’ai commencé à faire connaissance avec les gens, à utiliser le réseau. La liste de discussion est très active, sur une multitude de sujets. On est 700 inscrits sur la liste, donc 700 foyers, ça donne une nombre de personnes impressionnant. Il y a même un framapad pour se communiquer tous les bons plans, les bonnes adresses d’artisants, de restaurants, de spécialistes médicaux etc.. »
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Si ce n’est pas la première fois qu’on me parle de l’AMAP comme d’un réseau qui permet de s’ouvrir sur Saint-Denis je me pose pour autant la question de l’envergure de cette ouverture : Est-ce un réseau particulier ou un point de rencontre entre des réseaux, formé personnes d’horizons, modes de vies et cultures très différentes ? Olivier me fait part d’un constat surprenant : « L’AMAP est ici situé dans la cité Langevin, et je crois qu’on a aucun inscrit dans les habitants de la cité, ce qui peut être assez étonnant.. » L’AMAP est géograhiquement située dans cette cité par l’opportunité que représentait ce local, mais ne touche pas pour autant la population avoisinante. Je le questionne justement sur cette problématique de mixité sociale et culturelle, dont j’ai cru comprendre par solen et leur projet de café culturel qu’elle lui était importante. Olivier a en effet cette envie de créer un lieu féderateur, capable de rassembler et nourir les gens en toute simplicité. S’il est davantage séduit par une idée de lieu nomade, pouvant aller aux devant des autres, partir à la rencontre d’espaces plus isolés, il n’exclu pas la piste de s’associer avec le nouveau centre social coopératif porté par Nadia et envisage de porter la partie café.
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Olivier avait entendu parler de Nadia et son projet au hasard d’une conversation avec une amapienne.. Nous concluons l’échange sur son constat : « Avoir du réseau ça simplifie vraiment les choses. »
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title: '5 septembre 2017'
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id: rct_050917
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Il est 14H lorsque je pars à la rencontre de Martine, dont j'ai eu le contact par Victoria. Nous avons rendez-vous au café le Basilic, sur la place de la Basilique à Saint-Denis. Nous y commandons deux cafés.
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L’entretien avec Martine est dense: Sociologue et habitante de Saint-Denis depuis 1986, elle porte un regard riche et critique sur sa ville. Malgrès tout, elle confesse : « Moi j’habite ici depuis 86 et finalement, je connais un peu le centre ville car j’y habite, je connais la fac parce que j’y ai été amené à y bosser, mais il y a des quartiers, ou je n’ ai jamais mis les pieds. En centre ville, on a tendance à dire qu’« on » est Saint Denis. Mais en réalité lorsque l’on parle de Saint Denis, on parle ou d’une grande entité abstraite ou d’un petit bout de quartier qu’on connaît. »
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Sur ce constat, j’évoque la raison de ma venue et la notion de réseau qui se dégage du projet. Martine souligne :
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« L’idée de réseau, c’est compliqué car c’est une notion abstraite. Il y a une époque ou j’entendais beaucoup « Saint Denis est un village ». Saint-Denis est un village, c’est vrai, mais d’un petit noyau de gens. Par rapport à la Grande ville c’est pas vraiment un village, peut etre DES villages.. »
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Cette remarque m’invite à préciser l’objectif de cette expérience: La réalité est que je viens à la rencontre d’un réseau de Saint-Denis, parmis tant d’autres. Ce sont mes premières rencontres qui on axé un cheminement vers d’autres personnes et le réseau qu’elles constituent. L’expérience que je mène ici ne pourra donc jamais prétendre à avoir rencontré «les habitants de Saint-Denis » mais bien « des »habitant de , voire d’un, Saint-Denis.
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title: '6 juillet 2017'
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Ce matin, j’ai rendez-vous par Skype avec [Marie.P](), avec qui j’ai brièvement échangé par mail, pour un entretien à distance. La sonnerie retenti sur mon ordinateur, nous sommes « là » et je découvre le visage de [Marie](), dans son bureau baigné de soleil. Je suis au [Havre,]() elle à Paris, et durant l’heure qui suit nous discuterons ensemble de Saint-Denis. Je lui explique le projet en quelques mots et l’invite à se présenter.
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Marie enseigne à [Paris 8]() depuis 4 ans mais n’habite pas Saint-Denis. Lorsqu’elle a commencé à y enseigner, elle a vite constaté qu’avec le metro qui va directement de Paris à l’université, il est facile de circonscrire son réseau exclusivement à l’université sans jamais marcher autour de la fac. « Ce que j’essaye de faire dans certains de mes séminaires à l’université c’est justement d’essayer d’en sortir et de comprendre comment on peut travailler dehors. On a choisi le centre ville de Saint-Denis où on a travaillé notamment avec Synesthésie et La Maison Jaune. »
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Durant l’entretien, nous abordons le rapport au numérique et Marie m’explique qu’elle considère qu’Internet fluidifie la communication mais qu’il y est aussi beaucoup question de partage, de mise en commun au-delà de la mise en relation. Elle précise :
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« Je m’en sers aussi beaucoup pour faire des recherches, comme un espace de connaissance.
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J’actualise mon [site internet]() et j’ai deux blogs pédagogiques ou j’essaye de poster des choses « utiles ». Internet propose des lieux de recherche sur la pédagogie collective ou je peux aussi toucher plus d’étudiants.»
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Communiquant essentiellement par mail, Marie estime qu’Internet est fondamental pour elle. Avec ses étudiants, les outils numériques lui permettent par ailleurs de travailler en commun sans que tout le monde soit disponible au même moment, de faire vivre un projet avec plus d’autonomie.
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C’est d’ailleurs avec l'une de ses anciennes étudiantes, [Victoria](), que Marie choisi de me mettre en contact, par [mail]().
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title: '6 juin 2017'
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id: rct_060617
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Je fais aujourd'hui la connaissance de [Loyce](), en stage à Synesthésie et étudiante à [Paris 8]().
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Je teste avec elle le format d’interview que j'ai imaginé et la mise en contact avec une tierce personne. Elle m’envoie vers [Marie.P](), artiste et enseignante à Paris 8 : elle a été l'une de ses étudiantes.
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[Bachir,]() qui a justement travaillé avec elle lors d’un atelier à Synesthésie, nous met en lien directement par mail.
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Dans l'après-midi, je découvre l’emplacement de la [Maison Jaune](), alors fermée. Sur la devanture, une affiche présente un projet de [Tricot Partage](img_tp), porté par une certaine [Pascale](). Je retrouve les infos sur la[ page Facebook]() et contacte Pascale pour lui proposer une rencontre.
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Peu familière de l’environnement, l’aspect labyrinthique de la [Dalle](), faite de coins et de recoins, ne m’invite pas à m’y ballader : la formation de l’espace accentue chez moi le sentiment d’être perdue.
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Avant de repartir, je déambulle dans le centre de Saint-Denis, marchant au hasard. J’essaye de me rendre plus familière du centre mais ai tendance à graviter peu loin de la [station de métro ]()que je connais.
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title: Préambule
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id: rct_preambule
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Préambule :
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En Janvier 2017 , Bachir Soussi-Chiadmi m’invitait à le rejoindre sur une période de la résidence qu’il menait à Synesthésie, centre de recherche et de création artistique basé place du Caquet à Saint-Denis.
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Depuis quelques années, Bachir travaille autour de l’alternative que sont les outils libres et open-sources dans le champ de la création. Avec Synesthésie, il a conduit une recherche qui questionne la convivialité des outils numériques que nous utilisons quotidiennement et la manière dont nous habitons les espaces de vie qu’ils composent.
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Dans sa proposition de collaboration, Bachir m’invitait à traiter de la convivialité citoyenne dans Saint-Denis. Il s’agissait de penser une approche qui permettrait de répertorier les activités « invisbles ou informelles » - les espaces discrets de convivialité - des habitants du quartier centre de Saint Denis, autour de Synesthésie. L’un des enjeux de cette enquête était de questionner l’outil numérique comme vecteur de convivialité. C’est à partir de ces premières pistes que le projet a pu évoluer par la suite.
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Cette interface est la restitution de cette expérience :
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On y trouve, sous forme de journal de bord, le récit restituant les étapes du projets, de rencontres en rencontres , ainsi que des éléments visuels, des interviews et des cartographies.
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Les modules proposés par l’interface permettent de croiser ces différents éléments pour une lecture globale de l’expérience.
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Reference in New Issue
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