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4 octobre 2017 left rct_04102017

Pour la première fois, je ne marrête pas à la station de métro Basilique mais pousse jusqu’à Université: Ce matin, je rejoins Marie.W dont le contact mavait été donné par Victoria. Anciennement étudiante à Paris 8 et vivant non loin, Marie ma donné rendez-vous devant luniversité pour me donner loccasion de la découvrir. En ly attendant je découvre des affiches de lAttiéké datant de fin septembre, faisant état de leur recherche de lieux dont ils ont «besoin pour habiter le monde». En attendant, accompagné dateliers vélos, cantine, kiosque,.. le centre social auto-géré continue dans la rue. Lorsque Marie me rejoint nous entrons dans luniversité en quête dun lieu pour discuter. La cafeteria en travaux nous pousse à chercher une salle vide pour sy installer. Marie massure quelle navait pas de difficulté à le faire à l’époque de ses études. Après une dizaine de minutes à déranger des classes, sans trouver notre bonheur, Marie a lidée daller voir vers les studios, ou elle a passé beaucoup de temps et dont elle connait biens les équipes. Nous sommes finallement invitées à utiliser un studio denregistrement radio, avec tout le dispositif qui va avec. Lexpérience est surprenante : nous nous retrouvons toutes deux autour de cette table, casques sur la tête, et on se prête au jeu.. Marie habite Saint-Denis depuis 5 ans : « Jy suis venu parce que je voulais aller à luniversité de Paris 8 et pour moi c’était très important dhabiter au même endroit que là ou j’étudiais pour pouvoir créer des passerelles entre luniversité et mon chez moi, pour pouvoir inviter des gens, avoir un rapport avec lextérieur. » Comme beaucoup, elle a mis du temps à découvrir Saint-Denis au-delà de luniversité, dautant plus quelle habite dans le secteur proche de luniversité. La taille de Paris-8, véritable université-monde, demande déjà dy consacrer beaucoup de temps. Plus tard, cest à travers des lieux comme le bar Le Pavillon, la galerie ADADA, le cinéma l’écran ou encore le théatre Gerard Philipe quelle a pu rencontré davantage de personnes dans le centre de Saint-Denis..mais aussi via lAMAP « Court-circuit » de Saint-Denis, qui, pour elle comme pour beaucoup, représente bien plus quune question dalimentation. «Cest surtout un moyen de se rencontrer et de se connaître entre dyonisiens. On a une liste mail où on se file des infos, quon ai quelques chose à donner, quon cherche un medecin, un plombier..quon informe dune date de concert.. tout ça passe par la liste de discussion. Mon dernier colocataire je lai trouvé par ce biais là.» Par ailleurs, le rapport quentretien Marie au numérique et plus généralement à la connexion au monde est interessant : Par choix, elle na longtemps pas eu de téléphone, aujourdhui elle en possde un mais sans accè à un internet. Il y a encore quelques temps, elle se rendait au Taxiphone cyber café de son quartier pour acceder à sa boîte mail et effectuer des recherches. Par peur de la surconnexion, de se couper du contact direct avec le monde, Marie multiplie les astuces pour ne pas faciliter sa connexion numérique. Pour autant, des paradoxes se créent. Elle possède notamment une web-trotter, inititalement acquérie pour ses séjours à la campagne, qui au contraire lui permet de se connecter partout.. mais uniquement sur ordinateur. Elle remarque que les limites quelle se pose bougent avec le temps : «Je triche un peu, cest en train d’évoluer doucement. »