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title: '11 avril 2017'
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Première découverte du centre de Saint-Denis - [jour 1](#float-left#cc)[](http://facebook.com)
Aujourd'hui, je me rends pour la première fois dans la ville de Saint Denis.
Jy découvre d'abord, en sortant de la station de métro, le quartier de la Basilique ou japprécie la place avec tous ses cafés. Le contraste entre l'architecture de la Basilique et celle de Gailhoustet sur la place du Caquet est frappant.
En amont de cette visite, jai cherché à avoir un premier apperçu de Saint-Denis via quelques recherches sur internet. Jai noté des noms dassociations et de rues que jai essayé de repérer pendant ma ballade. Je commence par la rue du Corbillon, dont jai compris via Facebook quun groupe dhabitants porte lassociation » Bonjour voisins CopBillon», pour une revalorisation de la rue. Cette dernière accueille deux écoles mais est deserte lorsque je la traverse. Seules les bannières au bout de la rue, rappelant les évenements de 2015, flottent au vent. De grands portraits interpellent sur la detresse de familles qui ont beaucoup perdu ce jour de novembre.
Je continue vers la rue de la Boulangerie, dans laquelle jai repéré lexistence de la Maison de la vie associative. Le lieu fait état dune grande diversité dinformation et de propositions: clubs de sports, cours dalphabétisation, rencontres de tricot, cours de théâtre, projets artistiques, informations de rénovation dhabitat.. limpression que javais eu sur le site de la ville en parcourant la liste des centaines dassociations dyonisienne se confirme ici : Celle de lexistence dun grand réseau, couvrant un large panel dactivités et de services.
Dans cette même rue, je reconnaît la façade de la boutique Franciade, également repérée sur internet . Jy rencontre Andréea avec qui je discute rapidement et qui mexplique le projet de lassociation, visant à valoriser le patrimoine Dyonnisien. La présence de quelques clients me pousse à la laisser libre mais jachète au passage un petit Tote bag « la vie Dyonisienne » sur lequel sont illustrés des lieux significatifs de la ville. Il me suivra tout au long de cette expérience.
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title: '30 Janvier 2017'
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C'est ici le premier article du récit qui sera alimenté au fur et à mesure du projet..
Début Janvier, Bachir Soussi-Chiadmi minvitait à le rejoindre sur une période de la résidence quil mene à Synesthésie, centre de recherche et de création artistique basé place du Caquet à Saint-Denis.
Depuis quelques années, Bachir travaille autour de lalternative que sont les outils libres et open-sources dans le champ de la création. Avec Synesthésie, il conduit une recherche qui questionne la convivialité des outils numériques que nous utilisons quotidiennement et la manière dont nous habitons les espaces de vie quils composent.
Dans sa proposition de collaboration, Bachir minvite à traiter de la convivialité citoyenne dans Saint-Denis. Il sagira de penser une approche qui permettrait de répertorier les activités «  invisbles ou informelles » - les espaces discrets de convivialité - des habitants du quartier centre de Saint Denis, autour de Synesthésie. Par ailleurs, lun des enjeux de cette enquête est de questionner loutil numérique comme vecteur de convivialité. Cest à partir de ces premières pistes que le projet évoluera par la suite.
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title: Récits
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title: Andrea
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Andreea Cerguta ; [ 11 Juillet 2017]
rencontrée le 11 Juillet 2017 dans la boutique Franciade.
Javais auparavant découvert Franciade en faisait des recherches web sur Saint Denis et m’était rendue à Franciade lors de ma premiere visite à Saint-Denis.
**Depuis quand travaillez-vous à Franciade, est-ce que vous êtes à lorigine de cette structure ?**
Non pas du tout, moi je suis arrivée il y a un peu plus de trois ans, mais ça va faire treize ans que lassociation existe. Tout était déjà lancé quand je suis arrivée.
Est-ce que vous pouvez mexpliquer un peu lhistoire de lassociation ?
Lassociation Franciade a donc 13 ans et la boutique dans laquelle nous nous trouvons a déjà 7 ans. Le but de lassociation est de valoriser le patrimoine de la ville de Saint-Denis et le savoir faire des artisans, à lorigine c’était surtout des céramiques qui sont enfait des répliques des objets trouvés dans les fouilles du site archéologique mais on ne se restreint pas aux céramiques. Beaucoup de savoir-faires différents sont représentés à travers la boutique.
Jimagine que cette diversité dacteurs amène aussi une pluralité de projets ?
Oui tout à fait on ne reste pas que dans la production dobjets, on participe a beaucoup de projets qui nont rien a voir avec la céramique. On est en ce moment sur le projet «  la basilique vue de chez moi » avec les habitants qui ont vus sur la fameuse basilique.
Cest un projet d’édition de photo et de témoignage et leur rapport a la basilique.
Comment est-ce que vous réunissez ces différents acteurs  ?
Ce sont les années de travail de la directrice Carine qui font quelle a un grand réseau de contact, et parfois on répond à des appels à projets, dautres fois on nous contacte de lextérieur.
On fonctionne beaucoup avec les appels à projets car la [boutique](/?rct=r110417&map=mp_maison_jaune) ne suffit pas à faire vivre lassocation et payer tous les salaires de Franciade. On a aussi des projets quon auto finance et quon lance nous même.
Comment est-ce que vous vous ancrez dans le territoire ?
Déjà, nos clients se fidélisent car ils nous font confiance et parlent de nous à lextérieur. Nous on essaye de se faire connaître aussi par des flyers et par Facebook car on est pas très bien placés et on a pas beaucoup de passage. On doit donc ramener des gens de lextérieur qui ne passeraient pas autrement ici. On utilise donc les réseaux sociaux, ça nous permet de rappeller aux gens quon est présents.
Cest plus efficace pour vous les réseaux sociaux que le site internet ?
Oui car on en a pas la même utilité, sur le site on présente surtout lassociation et ses projets mais on ne présente pas les produits que lon vend. Cest surtout pour archiver les 13 années dactivités, avec tous les artistes qui passent, cest bien davoir un endroit ou lon peut retrouver la trace de tout ça.
Je vois sur le comptoir un flyer qui indique «  racontez nous votre ville », quest ce cest ?
Ca cest un projet auto-financé, en cours, ou lambition cest d’écrire un « guide amoureux de la ville », on a recueilli des témoignages, commencé des ateliers d’écriture.
Est-ce que ça a été facile de féderer les gens ?
Oui, réunir les gens et récolter les témoignages ça a été facile, le plus compliquer cest de financer pour produire le guide et payer les gens qui travaillent à le mettre en forme.
En tant quhabitante, est-ce que vous êtes liée à St denis ?
Pas tellement mais cest vrai que la plupart des choses que je fais cest en lien avec lassociation car on fait tellement de choses ici..
Franciade travaille avec dautres asso ?
Oui, un petit réseau comme Artefact, la coopérative Pointcarré, Adada.. il y a énormément dartistes et dinitiatives ici. Tout le monde connaît quelquun qui connaît quelquun… et les projets foisonnent ! On a fait des choses avec la maison des seniors aussi.
Javais croisé Dechets Dart qui intervenait a la maison des seniors..
Oui, ils font partis dArtefact aussi, on connaît bien tous les acteurs de ce groupe là.
Et dans votre vie quotidienne, quelle place ont les outils numériques ?
Dans le travail, on utilise beaucoup les mails, tout le temps, entre nous pour sorganiser et monter les projets.
Dans ma vie personnelle ça a une importance énorme car ma famille habite ailleurs.
Ca nous facilite la vie. Ils sont en Roumanie alors skype, cest tous les jours.. je pourrais les appeler mais cest pas pareil. Avec mes amies aussi, elles sont éparpillées un peu partout dans le monde donc jaurais du mal à men passer. Cest sûr que je préférerais un contact face à face, mais sans ça je ne sais pas comment je pourrais tenir sans voir ma famille, là je les vois.
Alors, une dernière question avec qui est-ce que vous pourriez me mettre en contact ?
Elie ou Wiebke de Point Carré. Passez les voir directement, il y a plein de choses à découvrir là bas.
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title: 'Manon Dumond'
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Manon Dumond ; [12 septembre ]
rencontrée le 12 septembre 2017 à la Défense
Cest Wiebke qui ma évoqué le travail de Manon lors de mon passage à Point Carré le 12 Juillet.
Wiebke ma parlé de toi en évoquant un travail de cartographie que tu avais mené sur les reseaux dartistes de Saint Denis, est-ce que tu peux me parler un peu de tout ça ?
Je vais texpliquer un peu mon parcours. Jai fait mon mémoire sur la place des collectifs dans la production urbaine et pour ça jai étudié deux collectifs dans Paris. A loccasion dun projet qui croisait mon sujet de mémoire jai travaillé avec « Grand Paris aménagement » ou jai fini par entrer en stage. A loccasion de ce stage jai rencontré pas mal de monde à Aubervilliers dont les Frères poussières, la villa Medicis..et pleins dautres. La villa medicis cest un lieu de résidence ou tu peux rencontrer pleins dartistes, pleins de compagnies.. là bas jy ai rencontré iIris, ladministratrice, et Garance, qui était en alternance .. bref jai rencontré des gens qui sont devenus des amis et jai adoré travailler là bas.
Après ce mémoire et après ce stage, où javais donc travaillé avec Elsa vivant, elle ma proposé de laccompagner dans le labo de recherches en sciences sociales ou elle travaille, pour étudier les réseaux artistiques en Seine Saint-Denis, parce que jy avais déjà beaucoup dentrées dues à mon précédent travail sur Aubervilliers. Javais aussi déjà rencontré pas mal dacteurs du coin par le biais de Grand Paris aménagement. On avait rencontré déjà des gens de la Briche, de Synesthésie, du 6B... Lidée c’était de comprendre les liens entre les lieux plutôt institutionnels et les lieux plutôt alternatifs. Jallai donc voir soit des lieux, soit des artistes, pour quils me parlent de leur parcours, de leurs réseaux etc.. et c’était génial parce que je rencontrais de personnes en personnes.
Dans ce cadre là jai rencontré notamment Wiebke, découvert la Briche etc.
Comment tu prenais connaissance de ces lieux ou ces artistes ? Comment tu rentrais en contact avec eux ?
Mon entrée principale était vraiment les lieux. Par exemple, pour la villa Medicis jai rencontré ladministratrice qui ma dit « tiens, va voir machin », à chaque fois que je rencontrais quelquun il me disais «  ah mais tu a déjà été voir machin ? » qui était aussi dans la ville, mais c’était dans un lieu bien défini.
Le 6B cest pareil, je me suis rendu sur le lieux et jai pris les contacts quil y avait au rez-de-chaussé, directement sur place. Après dans le 6b c’était du bouche à oreille.
Wiebke par exemple, j’étais passée par une personne de la villa Medicis, qui mavait transmis les coordonnée dOriane qui était venue à un moment à la villa medici pour des automates et qui a coté de ça bosse en tant quartisan dans un atelier de la Briche donc que jai rencontré. On a bien discuté, elle ma fait rencontrer des gens de la Briche et ma parlé du travail de Wiebke en me disant « elle a un super projet sur la toison dyonisienne, la laine etc » et voilà jai donc rencontré Wiebke.
Et par exemple, quand Oriane ta dit «  prend contact avec Wiebke », comment est-ce que tu entre en contact avec elle ?
Alors pour Wiebke, jai eu son mail ou son numéro de téléphone je ne sais plus. Enfait je passais pas tellement par les réseaux sociaux et tout ça, on me donnait généralement un contact plus ou moins direct. Par contre, je me suis pas mal servi de Facebook pour repérer les lieux. Par exemple javais cartographié à partir de Facebook ces lieux et leurs liens entre eux. Ca ma fait apparaître de nouveaux lieux que je connaissais pas. Après jy allais surtout au culot en entrant directement dans un lieu, en discutant, en demandant «  tu connaîtrais pas une personne dans tel asso, etc ? » Et sinon jai envoyé énormément de mails. Ca permet de préparer les rencontres en amont mais au fur et à mesure ça sest fait de plus en plus par bouche à oreille.
Ya aussi des gens que jai rencontrés par mon propre réseaux damis ou de connaissances. Par exemple, je participe à des ateliers de clown le soir et dans le groupe il y avais Caro qui mavait dit quelle travaillait à Saint Denis donc jai fait un entretien avec elle et elle ma parlé de gens de la Briche et elle ma fait rencontré Solene, qui est graphiste, là bas etc..
Et donc toi tu habite aussi à Saint-Denis ?
Oui, enfait à ce moment là jhabitais dans le 11e à Paris et je nen pouvais plus de mon petit appart et je commençait à connaître de plus en plus de monde à Saint Denis. Il y avait pleins de structures ou dinitiatives qui mintéressaient là bas. Ce qui me plait aussi là bas cest que par exemple si je vais au Pavillon je sais que je vais croiser des gens que je connais. Jy rejoins une amie, on est deux, on finit la soirée on est 10 à tables parce que les gens viennent discuter, tu tes croisé une fois ou deux dans un projet du coin et on fini par boire des coups ensemble. Donc jai passé le pas de minstaller là bas, jai trouvé une colloque dans une petite maison et en lespace de 8 mois j’étais déjà familiarisée avec le quartier. En mimpliquant aussi, par exemple en filant des coups de mains au chapiteau Rajganawak, où jai recroisé Wiebke, à la coopérative Point Carré aussi, et puis au Pavillon vraiment cest un endroit où jai rencontré plein de monde. Ca marrive souvent dy aller juste avec une amie et finalement on y retrouve des gens quon connaît plus ou moins et on fini en grandes tablée.
Toi tu habite où dans Saint-Denis ?
Jhabite dans le boulevard Carnot, cest en plein centre à côté du marché.
Tu me disais tout à lheure que tu aidait parfois Rajganawak, justement jai pris contact avec Camo hier, dans chaque entretien que je fais, il y a toujours des choses qui se recoupent..
Ce qui est frappant à Saint Denis cest quil y a un réseau déjà hyper existant et dense, mais il nest pas fermé. Par exemple à la Briche cest assez impressionnant parce quils sont quand même beaucoup et tout le monde se connaît mais ça reste très accessible dy rencontrer des gens. Après ya aussi les gens de lAcadémie Fratellini qui connaissent pas mal ceux de la Briche. Cest l’école de cirque de Saint Denis. Et justement un des étudiants de l’école de cirque, Pierre Maël, a visité mon appart quand je cherchais une nouvelle colloque, et il connaissait pas mal de gens de la Briche mais il avait encore envie de rencontrer dautres gens, cest cette ouverture aussi qui ma plu ici.
Les lieux que tu fréquente, comment tu les as connu ?
Avant, quand je bossais sur le réseau artistique je « cherchais » beaucoup, ça ma donné une vision globale du territoire, donc quand je suis arrivée je connaissais plus de choses que mes colloques, je connaissais déjà pas mal de monde. Maintenant, depuis que je suis arrivée à Saint Denis je me laisse beaucoup plus porter, par les rencontres, les hasards, les endrois devant lesquels je passe.. Rajganawak par exemple cest en discutant avec Wiebke, au détour dune conversation elle me parle dun chapiteau qui allait se monter ici alors moi timagines...un chapiteau ! Génial ! Donc Wiebke, qui avait fait le bal des bergère là bas ma fait rencontré Taîs, ladministratrice, qui ma fait rencontré Camo et maintenant quand je peux je vais filer un coup de main, je suis sur la mailing liste.
Justement, comment est-ce que communiquent les assos ou lieux que tu fréquentent par exemple ?
Facebook cest un peu un outil imparable pour les évenements mais cest vrai que sur Saint Denis ça marche pas mal par bouche à oreille, par exemple la Briche ils font souvent des soirées et ils invitent pas mal de monde, tes pas forcément au courant mais «  ca se sait » quil y a une fête. Le chapiteau fonctionne plus avec une liste de mail, la Briche ils fonctionne avec un google groupe parcquils sont 70 dedans, ya meme des annonces dappart qui tournent. Par exemple, Pierre-maël cest comme ça quil a eu vent de mon annonce dappart, parcque wiebke a relayé dans ce réseau qui a fait passé à lacadémie fratellini..
Toi, quelle utilisation tas de ces outils ?
Jai un rapport un peu paradoxal avec ça, je passe tellement de temps dessus au boulot que jai de plus en plus de mal dans ma vie plus perso à répondre à mes mails, à suivre les événements FB et tout ça. Même si je les utilise bien sûr. Au boulot je suis déjà toute la journée sur lordi, sur mes mails, pas mal sur Slack aussi. Du coup jessaye de retrouver une autre temporalité le soir, ralentir le rythme. Parce quavec internet cest un peu «  tout tout de suite » et ca va vite ! Jaime bien aussi retrouver des choses qui sont plus de lordre de limprévu et de la spontanéïté.
Après, je fais aussi partie dun collectif densCité et là on utilise surtout Facebook en mode groupe privé et Facebook Messenger pas mal, on sest mis sur Slack récemment aussi et puis on a tout sur google drive.
Mais cest vrai quau final je me trouvais un peu trop absorbée par les outils numériques et que ça pouvait avoir tendance à créer des circuits fermés. Le Pavillon et le Chapiteau ont été des vrais vecteurs de rencontre pour moi. Les outils numériques je les vois plus comme des facilitateur, des passerelles, mais ça nest quand même pas le même type d’échange.
Est-ce que tu pourrais menvoyer vers un de tes contacts de Saint-Denis ?
Je peux tenvoyer vers Solèn : je lai rencontré justement au Pavillon, elle connaissait mon amie Justine avec qui j’étais, quelle avait rencontré par sa colloque, et on leur a proposé de sasseoir avec nous et on est devenues amies comme ça. Elle est en train de monter un café culturel à Saint Denis.
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title: 'Marie Preston'
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Marie Preston ; 6 Juillet
échange sur Skype le 6 Juillet à 10h.
Elle a été lenseignante de Loyce, qui ma envoyé vers elle, et cest Bachir qui nous a mis en contact par mail.
Explication du projet..
...Cest donc Bachir, que vous avez rencontré à Synesthésie, et Loyce, lune de vos étudiante qui travaille à Synesthésie, qui mont envoyé vers vous..[…]
Dans un premier temps, pouvez-vous mexpliquer quel est votre rapport au territoire de Saint Denis?
Effectivement, je suis professeur à Paris 8 depuis 4 ans. Il y a un metro qui va directement de Paris à Luniversité, sans avoir à traverser la ville par lextérieur. Cest donc très facile de circonscrire son réseau exclusivement à luniversité et il y a beaucoup de gens qui fréquentent cette fac et qui nont jamais marché autour de la fac. Ce que jessaye de faire dans certain de mes séminaires à luniversité cest justement dessayer den sortir, de cette université, et de comprendre comment on peut travailler dehors. Et le dehors quon a choisi cest justement Saint-Denis et en loccurence ça a été le centre ville. Dans le centre ville il y avait Synesthésie notamment qui était un point de raccordement que je connaissais avant d’être enseignante car javait travaillé avec Anne Marie (?), lancienne directrice que javais rencontré lorsquelle avait ses locaux sur les bords du canal. Donc on a travaillé avec Synesthésie et également un autre lieu qui sapelle La Maison Jaune que jai rencontré par Line et Julien qui mont parlé de lexistence de ce lieu et jai fait un cours là bas. On était à chaque fois sur la dalle.
Donc vous n’êtes pas habitante de Saint Denis ?
Non pas du tout, je ny habite pas.
Cest donc par votre travail denseignante que vous découvrez vous-même ce territoire ?
Cest ça, par le travail artistique au départ et puis ensuite par le travail à la Fac, les deux en même temps en fait.
Quels moyens vous utilisez pour prendre connaissance du territoire de Saint Denis ?
Alors pour Synesthésie par exemple, à l’époque jai connu Anne-Marie car elle mavait contacté directement.
A loccasion dune exposition pour laquelle on mavait contacté, qui sapellait batista en seine saint denis javais travaillé sur la figure de Saint Denis et là javais pris contact avec des associations à la fois en faisant des recherches à la fois via des contacts que javais déjà. Javais travaillé avec un architecte urbaniste et avec une personne de la Federation Française de Randonnée avec qui on avait organisé des marches sur la plaine entre Paris et Saint Denis. Après par contre lorsque j’étais à la Fac c’était surtout des contacts établis par bouche à oreille ormis un contact qui est celui avec lAMAP qui est très singulière. Eux je les ai rencontré en les appelant.
Avec vos étudiants comment est-ce que vous communiquez ?
Ca dépend, dès quon arrive à des niveaux type licence 3, master.. je leur envoie quasi systématiquement un mail avant chaque séance pour leur donner des rendez-vous car je suis beaucoup en mouvement dans mes cours.
Ensuite lorsquon commence à finaliser des projets et que tout saccélère on travail beaucoup avec les outils numériques car je ne peux pas forcément être très présente, ni les étudiants, donc ce sont des supports qui nous sont très utiles notamment en terme dorganisation. On est plus dans la même temporalité, tout saccélère, et comme je ne peux pas toujours être présente il faut que le projet soit autonome. Ne serait-ce que pour produire un flyer, organiser une exposition, on peut travailler en commun sans être disponibles au même moment.
Est-ce que vous avez été touchée par la coupure internet qui a duré quelques temps dans Saint Denis ?
On ne la pas vécu à la Fac mais on travaillait justement pour un atelier à Synesthésie à ce moment là avec Bachir et on y a été confronté effectivement.
Comment ça sest ressenti sur le travail ?
On a essayé de sadapter mais les étudiants avec qui on travaillait étaient des licence 2 et je crois que par la vision de luniversité quils ont, qui doit être performante, ils sont restés un peu perplexe sur nos stratégies dadaptation « créatives ».
On a surtout utilisé nos smartphones, reliés en bluetooth à nos ordinateurs. Mais les étudiants ne sont pas tous équipés de la même façon donc ça n’était pas toujours très simple.
Cest aussi un moment ou on a pu ressentir queffectivement les étudiants de Paris 8 nont pas toujours beaucoup de moyens financier et que de là, le numérique narrive pas à la même vitesse pour tout le monde.
On a été confrontés à cette coupure que sur le temps dune séance mais on a surtout noté un « ralentissement ». Ce n’était pas plus mal car ça a nous a obligé a être créatif et trouver dautres façons de faire, mais simplement le temps de ladaptation ralenti le processus.
Est-ce que vous avez eu des étudiants habitant de Saint Denis qui ont pati de cette coupure pour leur travail à la FAC ?
Non, je nai pas eu ce problème.
De façon plus quotidienne, comment vous pourriez décrire votre pratique du numérique et du web dans votre rapport social, pratique, professionnel à votre environnement ?
Je communique éssentiellement par mail donc cest vraiment fondamental pour moi, jenvoie bien plus facilement un mail que je passe un coup de fil. Notamment dans certaines circonstances ou il faut expliquer en detail des choses.
Sinon je men sers beaucoup pour faire des recherches, comme un espace de connaissance.
Jactualise mon site internet et jai deux blogs pédagogiques ou jessaye de poster des choses « utiles ». Internet propose des lieux de recherche sur la pédagogie collective ou je peux toucher plus d’étudiants aussi.
Avez-vous conscience de pouvoir être un point de connexion entre des individus ?
Oui cest quelque chose dont je suis tout à fait consciente notamment dans mon rôle denseignante où cest assez fondamental ne serait-ce que pour créer des groupes de travail. Après dans ma pratique artistique aussi car je travaille beaucoup en collaboration et chaque projet vise à réunir des personnes pour créer ensemble. Il marrive donc d’être moteur de mises en relations, cest sûr.
Je le travaille pas comme tel mais ça minteresse aussi dimaginer que les relations se créent hors de ma présence ensuite et que des choses que jai pu contribuer à initier prennent leur autonomie.
Est-ce que vous pouvez me parler un peu de quelques projets que vous avez menés à Saint-Denis ?
Je peux vous parler justement de projets,dateliers, quon a menés cette année. Lun deux, organisé avec des étudiants de master, projet portait sur loralité avec le présupposé que loralité est une des formes constitutive des pratiques collaboratives. Soit des pratiques ou loralité est sous une forme exclusivement conversationnelle, soit des pratiques ou la conversation est nécessaire pour mettre en œuvre un projet collectif. On travaillait sur la prise de parole, quest-ce que ça veut dire de prendre la parole, publiquement, et comment on donne la parole. Comment dans lespace public on laisse la place à lautre de sexprimer et sous quelles modalités on favorise la rencontre
Avec des licences 2 jai fait un projet un peu similaire et on a fait quelques séances à synesthésie avec Bachir qui consistait à donner une forme à un collectage danecdotes que les étudiants avaient enregistrés auprès de leur familles. Le but était ensuite de donner une forme textuelle collective sur Framapad, lidée était de collaborer sur un texte collectif à partir dun outil collaboratif.
Est-ce que vous pourriez me mettre en contact avec une personne liée au territoire de Saint-Denis ?
Je vais te mettre en contact avec une étudiante, Victoria Linhares, qui justement aime travailler cette notion de réseaux, notamment militant, dans saint-denis et en dehors.
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