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2018-09-14 06:44:31 +02:00

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Marie P left int_mariep

Marie P ; 6 Juillet échange sur Skype le 6 Juillet à 10h. Elle a été lenseignante de Loyce, qui ma envoyé vers elle, et cest Bachir qui nous a mis en contact par mail.

Explication du projet.. ...Cest donc Bachir, que vous avez rencontré à Synesthésie, et Loyce, lune de vos étudiante qui travaille à Synesthésie, qui mont envoyé vers vous..[…]

Dans un premier temps, pouvez-vous mexpliquer quel est votre rapport au territoire de Saint Denis? Effectivement, je suis professeur à Paris 8 depuis 4 ans. Il y a un metro qui va directement de Paris à Luniversité, sans avoir à traverser la ville par lextérieur. Cest donc très facile de circonscrire son réseau exclusivement à luniversité et il y a beaucoup de gens qui fréquentent cette fac et qui nont jamais marché autour de la fac. Ce que jessaye de faire dans certain de mes séminaires à luniversité cest justement dessayer den sortir, de cette université, et de comprendre comment on peut travailler dehors. Et le dehors quon a choisi cest justement Saint-Denis et en loccurence ça a été le centre ville. Dans le centre ville il y avait Synesthésie notamment qui était un point de raccordement que je connaissais avant d’être enseignante car javait travaillé avec Anne Marie (?), lancienne directrice que javais rencontré lorsquelle avait ses locaux sur les bords du canal. Donc on a travaillé avec Synesthésie et également un autre lieu qui sapelle La Maison Jaune que jai rencontré par Line et Julien qui mont parlé de lexistence de ce lieu et jai fait un cours là bas. On était à chaque fois sur la dalle.

Donc vous n’êtes pas habitante de Saint Denis ? Non pas du tout, je ny habite pas.

Cest donc par votre travail denseignante que vous découvrez vous-même ce territoire ? Cest ça, par le travail artistique au départ et puis ensuite par le travail à la Fac, les deux en même temps en fait.

Quels moyens vous utilisez pour prendre connaissance du territoire de Saint Denis ? Alors pour Synesthésie par exemple, à l’époque jai connu Anne-Marie car elle mavait contacté directement. A loccasion dune exposition pour laquelle on mavait contacté, qui sapellait batista en seine saint denis javais travaillé sur la figure de Saint Denis et là javais pris contact avec des associations à la fois en faisant des recherches à la fois via des contacts que javais déjà. Javais travaillé avec un architecte urbaniste et avec une personne de la Federation Française de Randonnée avec qui on avait organisé des marches sur la plaine entre Paris et Saint Denis. Après par contre lorsque j’étais à la Fac c’était surtout des contacts établis par bouche à oreille ormis un contact qui est celui avec lAMAP qui est très singulière. Eux je les ai rencontré en les appelant.

Avec vos étudiants comment est-ce que vous communiquez ? Ca dépend, dès quon arrive à des niveaux type licence 3, master.. je leur envoie quasi systématiquement un mail avant chaque séance pour leur donner des rendez-vous car je suis beaucoup en mouvement dans mes cours. Ensuite lorsquon commence à finaliser des projets et que tout saccélère on travail beaucoup avec les outils numériques car je ne peux pas forcément être très présente, ni les étudiants, donc ce sont des supports qui nous sont très utiles notamment en terme dorganisation. On est plus dans la même temporalité, tout saccélère, et comme je ne peux pas toujours être présente il faut que le projet soit autonome. Ne serait-ce que pour produire un flyer, organiser une exposition, on peut travailler en commun sans être disponibles au même moment.

Est-ce que vous avez été touchée par la coupure internet qui a duré quelques temps dans Saint Denis ? On ne la pas vécu à la Fac mais on travaillait justement pour un atelier à Synesthésie à ce moment là avec Bachir et on y a été confronté effectivement. Comment ça sest ressenti sur le travail ? On a essayé de sadapter mais les étudiants avec qui on travaillait étaient des licence 2 et je crois que par la vision de luniversité quils ont, qui doit être performante, ils sont restés un peu perplexe sur nos stratégies dadaptation « créatives ». On a surtout utilisé nos smartphones, reliés en bluetooth à nos ordinateurs. Mais les étudiants ne sont pas tous équipés de la même façon donc ça n’était pas toujours très simple. Cest aussi un moment ou on a pu ressentir queffectivement les étudiants de Paris 8 nont pas toujours beaucoup de moyens financier et que de là, le numérique narrive pas à la même vitesse pour tout le monde. On a été confrontés à cette coupure que sur le temps dune séance mais on a surtout noté un « ralentissement ». Ce n’était pas plus mal car ça a nous a obligé a être créatif et trouver dautres façons de faire, mais simplement le temps de ladaptation ralenti le processus.

Est-ce que vous avez eu des étudiants habitant de Saint Denis qui ont pati de cette coupure pour leur travail à la FAC ? Non, je nai pas eu ce problème.

De façon plus quotidienne, comment vous pourriez décrire votre pratique du numérique et du web dans votre rapport social, pratique, professionnel à votre environnement ? Je communique éssentiellement par mail donc cest vraiment fondamental pour moi, jenvoie bien plus facilement un mail que je passe un coup de fil. Notamment dans certaines circonstances ou il faut expliquer en detail des choses. Sinon je men sers beaucoup pour faire des recherches, comme un espace de connaissance. Jactualise mon site internet et jai deux blogs pédagogiques ou jessaye de poster des choses « utiles ». Internet propose des lieux de recherche sur la pédagogie collective ou je peux toucher plus d’étudiants aussi.

Avez-vous conscience de pouvoir être un point de connexion entre des individus ? Oui cest quelque chose dont je suis tout à fait consciente notamment dans mon rôle denseignante où cest assez fondamental ne serait-ce que pour créer des groupes de travail. Après dans ma pratique artistique aussi car je travaille beaucoup en collaboration et chaque projet vise à réunir des personnes pour créer ensemble. Il marrive donc d’être moteur de mises en relations, cest sûr. Je le travaille pas comme tel mais ça minteresse aussi dimaginer que les relations se créent hors de ma présence ensuite et que des choses que jai pu contribuer à initier prennent leur autonomie.

Est-ce que vous pouvez me parler un peu de quelques projets que vous avez menés à Saint-Denis ? Je peux vous parler justement de projets,dateliers, quon a menés cette année. Lun deux, organisé avec des étudiants de master, projet portait sur loralité avec le présupposé que loralité est une des formes constitutive des pratiques collaboratives. Soit des pratiques ou loralité est sous une forme exclusivement conversationnelle, soit des pratiques ou la conversation est nécessaire pour mettre en œuvre un projet collectif. On travaillait sur la prise de parole, quest-ce que ça veut dire de prendre la parole, publiquement, et comment on donne la parole. Comment dans lespace public on laisse la place à lautre de sexprimer et sous quelles modalités on favorise la rencontre Avec des licences 2 jai fait un projet un peu similaire et on a fait quelques séances à synesthésie avec Bachir qui consistait à donner une forme à un collectage danecdotes que les étudiants avaient enregistrés auprès de leur familles. Le but était ensuite de donner une forme textuelle collective sur Framapad, lidée était de collaborer sur un texte collectif à partir dun outil collaboratif.

Est-ce que vous pourriez me mettre en contact avec une personne liée au territoire de Saint-Denis ? Je vais te mettre en contact avec une étudiante, Victoria Linhares, qui justement aime travailler cette notion de réseaux, notamment militant, dans saint-denis et en dehors.