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19 juin 2017 left rct_190617

Il y a quelques jours, j'ai échangé avec Pascale dont j'avais eu vent du travail sur l'affiche de la Maison Jaune. En début d'après midi, nous nous retrouvons à la Maison Jaune, où Pascale me fait découvrir le lieu. Elle mexplique : « Cest une maison de quartier qui a ouvert au mois de Novembre. Lidée cest que cet espace soit mis à disposition des habitants, quon y organise des choses mais aussi quil y ai de la place pour leurs propres initiatives… » Pascale a découvert le lieu en octobre 2016, en passant devant. Elle nhabite pas loin et était justement à la recherche dun lieu pour son projet de tricot-partage, un projet de tricot solidaire. Je lui demande de men dire plus sur son projet et fait vite le lien avec le patchwork de formes tricotées, monumental, qui gît au sol de la Maison Jaune : « Le projet de tricot solidaire c’était, au vu de la grosse vague de froid, de réaliser, avec la participation du public, des carrés de laine de 30cm de côté assemblés en couvertures. Ces couvertures sont à destination de la Croix Rouge et distribuées lors des maraudes. Lenvie était aussi que chacun, tout âge confondu, puisse participer à sa manière, en venant pour tricoter, pour apprendre ou pour transmettre. » Pour se fournir en laine, Pascale a lancé un appel au don dans Saint-Denis, qui a vite débordé du territoire par le biais dinternet. Elle a reçu des colis de Paris, de Bretagne, de Nice.. « Jai même eu un message dune personne dans un petit village dArdèche, qui ma écrit en me disant quelle tricoterait des petits carrés de laine pour nous les envoyer. » Ici, internet est un vecteur indéniable de rencontre, mais le _"fil participatif" comme lappel Pascale, sest construit de bien des manières. Le projet est nomade dans Saint-Denis, permettant au groupe de rencontrer davantage de personnes et douvrir le réseau initial. Les moyens de communication du projet sont aussi divers. Les habitants de Saint-Denis ont vent du projet par des relais Facebook, _des affichages en ville, des flyers.. jusqu’à limpression même du flyer : « Il y a quelques temps, chez limprimeur, je faisais mes photocopies pour l’évenement à la Maison Jaune. Au moment de régler jai posé mes copies sur le comptoir. Une dame était derrière moi et a lu «tricot ». Elle ma demandé ce qu’était l’événement et elle est venue. Depuis, elle vient régulièrement et nous sommes assez liées. »

Dans le collectif, cest sur lapplication whats app que la communication interne s'organise. Vers lextérieur, cest plutôt Facebook. Lorsque nous évoquons les moyens d’échange et de communication à disposition dune association comme celle-ci, Pascale observe que loutil numérique leur permet dagréger des personnes qui ne sont pas forcément disponibles en temps et en heure, ou nont pas la possibilité de se déplacer, mais qui souhaitent quand même être informés, participer et être tenus au courant des activités. Elle note cependant que «la communication papier et la communication numérique sont vraiment complémentaires. Certains utilisent les deux régulièrement mais dautres sont beaucoup moins familiers de loutil informatique. Il y a des personnes qui nont pas de-mail et ne sont joignables que par téléphone, voire qui nont pas de téléphone portable. Je crois aussi que cest bien de ne pas uniformiser linformation.»

Pendant notre entretien, apparaît Sofiane, un habitant impliqué dans le collectif de la Maison Jaune, qui projette d'y organiser des ateliers de patisseries, étant lui-même en formation patisserie. On sent dans ce lieu l’émulation de quelque chose qui naît, qui ne sait pas toujours où il va, mais qui est bien là. Ce premier échange a été très instructif et Pascale mayant évoqué plusieurs lieux de Saint-Denis, je profite de l'après-midi pour les repérer. En chemin, je croise des tricoteuses: un petit groupe tricote dans la rue, sur les arbres, les barrières. Ca fait tout de suite écho avec le projet tricot-partage de Pascale, et me pousse à m'arrêter discuter. C'est comme ça que je fais la connaissance d'Océane, de l'association Dechets d'arts, qui participe ici à une "opération street mamies", me dit-elle. Elle me laisse sa carte pour que nous nous recontactions plus tard.